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ROLE DE LA PAPAUTÉ DANS CES GUERRES

C'était une émancipation, une prise de possession encore vague mais réelle du droit national, par opposition à la suzeraineté impériale.

§ 2. — Rôle de la papauté dans les guerres municipales.

Les papes ne purent manquer de prendre part aux guerres que se faisaient les villes italiennes entre elles et aux luttes des cités progressives contre l'empereur. Comme toujours, les motifs qui les guidèrent furent tout personnels. Quant aux intérêts de l'Italie, ils ne pesèrent pas d'un grand poids dans leurs déterminations. Ils furent sans cesse dominés ou par leurs vues étroites comme princes temporels ou par leurs projets de théocratie universelle. Lorsque, pour défendre ou recouvrer leurs États pontificaux, ils eurent besoin de l'empereur, ils recoururent à son assistance. Lorsque, pour faire prévaloir leurs prétentions à l'omnipotence en face des prétendus droits du Saint-Empire, ils eurent besoin d'un appui contre l'empereur, ils secondèrent la résistance des cités italiennes. Chaque conflit se termine invariablement ou par des concessions antinationales à quelque prince, ou par de nouvelles alliances avec l'empereur.

Les exemples de la politique de bascule et antinationale des papes abondent dans le cours du douzième siècle. On sait comment le traité de Worms mit fin, en

1122, à cette querelle des investitures qui avait rempli les pontificats de Grégoire VII et de ses successeurs. Les deux puissances fixèrent avec un soin jaloux les droits du pape et ceux de l'empereur.Quanl à la liberté de cette Italie qui avait été le théâtre sanglant de ces déplorables luttes, il n'en fut même pas question.

Quand s'ouvre, trois ans plus tard, entre deux maisons princières d'Allemagne qui se disputaient la couronne impériale, la lutte si connue sous le nom de guerre des Guelfes et des Gibelins, nul ne songe qu'il y ait au monde une nation italienne. Le principe du Saint-Empire romain est hors de doute, ainsi que ses droits sur l'Italie. Toute la question est de savoir quel sera l'empereur.

Les papes Honorius et Innocent II prennent chaudement le parti de Lothaire qui avait été élevé à l'empire à l'instigation de leur prédécesseur Calixte H. Or, comme tout prétendant à l'empire ne pouvait se passer d'un pape qui l'appuyât à Rome, Conrad d'Hauhenstaufen, élu empereur par la minorité gibeline, recourut au moyen ordinaire : il fit nommer un antipape.

11 trouva pour cela le terrain tout préparé. Depuis quelques années, deux grandes familles romaines, les Frangipani et les Pietro Leone, se disputaient la tiare et tenaient la ville partagée en deux camps. Déjà, douze ans auparavant, en 1118, cette querelle avait occasionné un premier schisme. Maintenant, Innocent II est soutenu par les Frangipani ; c'en est assez pour que le parti contraire se prête aux manœuvres

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