‹ L'ItalieChapitre 100 sur 196 · SIÈGE ET SAC DE ROME · texte numérisé non relu

SIÈGE ET SAC DE ROME

n'avait vu rien de pareil au temps des Goths et des Vandales*. « La splendeur de cette Rome qui jette un si vif éclat sur le commencement du seizième siècle, qui représente une des plus admirables phases du développement intellectuel de Thomme, fut anéantie en un jour *. »

C'est que les peuples n'ont pas le droit d'abdiquer leur grandeur morale, leur virilité et leur indépendance, même pour la gloire la plus éclatante; c'est que le génie n*est pas un don du ciel fait à l'homme pour que ses œuvres ne servent qu'à abaisser son âme et le façonner à la servitude ; c'est que les chefs du monde chrétien avaient une autre mission que d'endormir le peuple romain par des- chants, des fêles et des spectacles. Profiter de Téblouissement d'une nation par les splendeurs artistiques d'un siècle pour dégrader les caractères, c'est faire mentir Tœuvre divine et creuser un abîme.

Quel enseignement ! et comment a-t-il été perdu pour la cour pontificale! Pourquoi avait-elle aspiré pendant des siècles à l'achèvement de son édifice temporel? pour y trouver la garantie de son indépendance. Elle avait espéré qu'une fois maîtresse d'un royaume, elle serait en état de tenir tête à l'ambition

* Ce ne fut que dix mois après, le 17 février 1528, que ces troupes quittèrent Rome. Leur nombre se trouvait réduit de quarante mille à quinze mille hommes, par la peste et les excès de tout genre. Et pour les forcer à sortir, le pape fut obligé de donner quarante mille ducats au prince d'Orange.

* Ranke, trad. de Saint-Chéron, t. I, p. 105.

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