‹ L'ItalieChapitre 116 sur 196 · J38 LE CLERGÉ RESPONSABLE · texte numérisé non relu

J38 LE CLERGÉ RESPONSABLE

Mais à qui la faute, si ce n*est au clergé lui-même? N'était-ce pas lui qui, par ses alliances, par ses privilèges politiques, par sa position temporelle si éloignée de Tesprit de TÉvangile, avait obscurci toute notion sur la nature et l'étendue de ses droits et fait douter de la réalité de sa mission? Au lieu de renoncer à ce rôle politique qui avait produit des effets si funestes pendant des siècles, il faisait de son pouvoir religieux l'instrument du despotisme dans toute TEurope.

La confusion était excusable aux temps barbares du moyen âge. Elle ne l'élail plus au seizième siècle; et si l'on ne savait encore formuler la vraie doctrine de la liberté, tout au moins devait-on pratiquer celle de la tolérance. La papauté, embarrassée dans les soins de ses intérêts temporels, semblait plus que jamais avoir perdu le sens du mouvement libéral qui poussait le monde chrétien. Depuis sa première alliance avec les puissances politiques, elle avait fait, à chaque siècle, un pas de plus dans la voie de l'intolérance et de l'absolutisme.

Le pacte de Charlemagne, tout en mettant le glaive matériel au service du prêtre, se gardait de lui livrer la société laïque. Le prince la représentait et la gouvernait avec la môme indépendance que le saint-siège gouvernait l'Église. La théocratie du moyen âge, nous l'avons vu, ne souffrit plus de puissance rivale; une seule autorité, directement inspirée de Dieu, s'emparait deThomme tout entier, fidèle ou citoyen; maitresse de ses destinées temporelles comme de son sa-

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