‹ L'ItalieChapitre 121 sur 196 · U LE TERRORISME RELIGIEUX · texte numérisé non relu

U LE TERRORISME RELIGIEUX

Nous n'avons pas à faire ici le lamentable tableau des rigueurs qu'on exerça partout au nom de l'Église contre les réformés ; notre seul but était de signaler les causes principales qui ont produit cet immense mouvement de révolte contre l'Église ; mais nous ne pouvions toucher à un pareil sujet sans protester de toutes les forces de notre âme contre ce terrorisme religieux cent fois pire que celui de 93 ; car celui-ci, paroxysme effroyable de la crise révolutionnaire la plus terrible, s'il ne se justifie pas, s'explique au moins parla réaction implacable de droits méconnus pendant des siècles, d'intérêts légitimes foulés aux pieds, d'aspirations gé- ' néreuses refoulées et conspuées; et ces représailles sanglantes, bien loin de prendre le masque des choses divines, se montrent comme le déchaînement des passions humaines surexcitées jusqu'au délire; c'est le déshérité de la terre se redressant tout à coup, se faisant justice à lui-môme et ne se croyant maitre à son tour qu'en se divinisant sur les ruines de tout un monde. Le terrorisme religieux, au contraire, se présente, non comme un fait anormal et révolutionnaire, non comme une violence accidentelle et comme l'œuvre des hommes, mais comme l'accomplissement d'une mission sacrée et permanente; les plus graves assemblées

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de docteurs Font érigé en système ; tout le corps sacerdotal Ta pratiqué en toute sécurité de conscience, croyant accomplir un saint devoir. Et, chose horrible, le monde catholique a élevé vers le ciel des actions de grâces, à la lueur sinistre des bûchers, et mêlé ses chants aux cris lamentables des victimes !

El il se trouve encore des chrétiens, des ministres du libérateur, qui essayent de légitimer cette œuvre abominable, et qui semblent regretter que les mœurs actuelles la rendent désormais impossible.

Quant à nous, nous repoussons avec horreur ces monstruosités aussi bien dans le passé que dans le présent : user de la force matérielle pour contraindre les consciences, c'est outrager le Christ et déshonorer son Église ; disons le mot, c est faire au nom de Dieu une œuvre diabolique.

Nous arrêterons-nous à cette détestable excuse, dont nous avons déjà fait justice, qui consiste à dire que, la religion étant dans tous les États un des éléments de la constitution politique, les princes, en proscrivant les hérétiques, ne faisaient que défendre contre leurs attaques Tordre social lui-même ? Cet argument n'est-il pas à lui seul la condamnation d'un régime qui avait tellement mêlé la religion à la politique, que les princes se croyaient autorisés à violenter les consciences pour garantir les institutions temporelles, et les évêques à requérir Tépée des princes chaque fois qu'on louchait aux choses religieuses, sous prétexte que le trône et Taulel étaient également compromis?

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