‹ L'ItalieChapitre 133 sur 196 · LA RÉVOLUTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

nellement proclamé par les assemblées révolutionnaires, les actes des pouvoirs publics furent si peu d'accord avec les formules libérales de la loi, qu'un voile sanglant est resté sur cette grande conquête ^

Les tâtonnements de TAssemblée constituante, ses actes envers les protestants, sa prétention d'imposer an clergé catholique une constitution civile, prouvent clairement qu'elle n'avait aucune idée nette ni du droit inviolable de la conscience, ni de la nature et du rôle de l'Église universelle*.

Quant à la Convention, peut-on oublier que si, en théorie, elle est restée fidèle à la déclaration des droits de l'homme, cette œuvre sublime de la constituante, elle a doublement foulé aux pieds les principes les plus sacrés du droit moderne par ses horribles persécutions' et par ses puériles parodies d'un culte officiel.

Le triomphe de la liberté est donc loin d'être définitif. On traversera de nouvelles crises, on recommen-

* V. le livre de M. Jules Simon, la Uberté de comdencet p. 184 et suiv.

* a C'est la tolérance que la Constituante accordait aux protestants, ce n'est pas la liberté de conscience; quant aux catholiques, la constitution civile a cruellement démontré que l'Assemblée ne comprenait pas ce que c'est que l'Église. » La Uberté religieuse ^ par Ed. Laboulaye, p. 11.

En elles-mêmes, les réformes opérées par la constitution civile étaient excellentes ; le tort fut de vouloir les imposer au nom de l'État.

' « La Convention n'a pas été moins cruelle que l'inquisition, elle a été plus coupable, car elle n'avait pas la même excuse, et ne croyait pas sauver l'âme en tortuiant le corps. » (E. Laboulaye, p. 13.}

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