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LES DÉMOCRATES CATHOLIQUES

► A. côté de celte école de démocrates catholiques, s'en était formée une autre, celle de Bordas-Demoulin , qui plaçait également le^point de départ de tout le mouvement de la civilisation moderne dans la révolution évangélique, mais qui sut mieux que la première saisir le côté libéral de cette révolution . Cette école, qui se réduisait à deux ou trois disciples autour du maître, et qui était presque inconnue à celle époque, se distinguait par une conception très-nette du véritable rôle que doit jouer TÉtat dans les sociétés chrétiennes. Dès 1843, le savant disciple de Bordas, M. François Huet, dans sa belle introduction au grand ouvrage du maître, le Cartésianisme^ pose la doctrine de la liberté de la manière la plus radicale ; il considère l'abolition des religions de TÉtat comme un fruit du christianisme, et déclare qu'elle n'a été proclamée et qu'elle ne le sera jamais que chez des nations chrétiennes, et il ajoute : « En donnant la première cet exemple à l'Europe, la France a mérité encore une fois son titre de fille ainée de l'Église. »

Bien que cette école se serve souvent du mot tolérance légale pour exprimer le régime de l'indépendance mutuelle de l'État et de l'Église, il est évident qu'elle entend exprimer le régime de la vraie liberté. On en trouve la preuve dans vingt passages des livres du maître et des disciples*.

* Du reste, M. F. Huet, dans un ouvrage plus récent, le Règne social du Christianisme, publié en 1853, expose sa doctrine sur la liberté religieuse de manière à ne laisser aucun doute. V. aussi les œuvres de M. Hubert-Valleroux.

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