L'ÉTAT N'EST PAS LAÏQUE
chent toiitcls plus ou moins à Tancienne manière de concevoir le rôle des pouvoirs politiques, et elles sont par cela même (assurément contre l'intention des au^ teurs de ces définitions) diamétralement opposées aux vrais principes de la charte.
L'État, sous le régime de la liberté religieuse, n'est ni laïque, ni indifférent, ni rationaliste, jii athée ; il est incompétent en matière religieuse \
L'État n'est pas làique. Le mot laïque, dans la société chrétienne, se dit par opposition à celui de clerc, qui désigne les personnes revêtues du caractère sacer- 'dolal ; mais le laïqjue fait, comme le prêtre, partie de l'Église ; il y exerce des droits, y remplit des devoirs, et est associé dans une certaine mesure à la juridiction, au ministère et au gouvernement du corps sacerdotal. Dans la primitive Église, les laïques exerçaient directement, à ce point de vue, des fonctions importantes et nombreuses ; ils concouraient, par exemple, à la nomination des cvêques. Depuis l'alliance de l'Église avec les gouvernements temporels, ces attribu-
à s'occuper de religion ; si c'est en ce sens que vous entendez son athéisme, oui, il est athée. » Accepter ce mot, ce fut une faute, car il est resté attaché au nom de M. Odilon-Barrot, avec le sens le plus opposé à sa véritable pensée, et il a contribué à entretenir dans l'opinion publique la confusion et les malentendus.
*^ Royer-Collard, repoussant l'anathème que « l'orgueil irrité » lançait de toutes parts contre le droit nouveau, s'écriait : a La liberté et l'égale protection des cultes, voilà tout l'athéisme de la charte... Non, la charte n'est pas indifférente ; non elle n'est pas neutre, elle n'est qu'incompétente; loi d'ici-bas, elle ne sait que les choses humaines. > Discours sur le projet de loi relatif au sacrilège, séance du 42 avril 1825.
JU'ÉTâT N'EST PAS INDIFFÉRENT. i83
lions des (laïques sont passées dans les mains des princes; eest comme représentants des laïques dans rÉglise que les princes ont été investis du droit de participer à la nomination des évoques; c'est au même titre que les empereurs d'Allemagne assistaient aux conciles, etc.
Celte définition, lÉtat est làiquej eût donc été parfaitement convenable sous le régime de la religion de rÉtat ; comme laïque, TÉtat laissait à l'autorité religieuse le soin de résoudre les questions qui appar> tiennent exclusivement au domaine delà foi ; mais, État catholique, il recevait ces décisions en fils soumis et en procurait l'exécution. Or, sous le régime où toute religion officielle est supprimée, non-seulement l'État ne représente plus les laïques dans le sein de l'Église catholique, mais il lui est interdit de feire un choix entre les divers cultes et les diverses doctrines philosophie ques ; cela ne le regarde en aucune façon ; il est entièrement incompétent.
L'État n'est pas indifférent. L'indifférence, comme on l'entend en matière religieuse, consiste dans Tinaction volontaire et coupable d'un être contre les lois de sa nature, qui lui font un devoir de chercher le vrai et le bien, et d'agir en conséquence. L'individu ayant te devoir de connaître, d'aimer et de servir Dieu, n'a pas le droit de s'abstenir ; son état d'inaction est de l'indifférence et une indifférence coupable.
Or, le rôle de l'État, d'après les lois mêmes de sa destination normale, est de rester étranger aux ma-