PROGRÈS DE LA VRAIE DOCTRINE
voix n'eût osé s'élever contre ce principe fondamental (le la liberté religieuse ; la séparation du spiriluel et du temporel était si bien considérée comme une conquête définitive, que personne n'eût osé mettre en doute l'abrogation des lois spéciales votées sous la Restauration, en conséquence du principe de la religion de l'État, et que les tribunaux du dernier régime déclaraient encore en vigueur*.
L'opinion publique n'était pas moins unanime : la représentation nationale ne faisait que refléter la vive lumière qui s'était opérée dans les esprits •. La presse faisait écho à la tribune '. Jamais le génie d'une révo-
' L'Assemblée législative donna un assentiment unanime à nos pa-* rôles, lorsque, à propos de la question de Tobservalion du dimanche, nous posâmes le principe de l'incompétence absolue de l'État et déclarâmes abrogées de droit toutes les lois spéciales qui étaient contraires à ce principe [séance du 10 déc. 1849). L'assemblée consti* tuanle était plus pénétrée encore de l'importance capitale de ce principe. Dans le comité des cultes, où se trouvaient trois évoques et des ecclésiastiques en grand nombre, pas une objection, pas une réserve ne fut faite, quand nous exposâmes, dans le sens le plus radical, la doctrine de la séparation de l'ordre religieux et de Tordre politique et de la liberté absolue de la conscience, qui en est la conséquence nécessaire, comme étant non-seulement en fait la pierre angulaire du régime nouveau, mais une conquête légitime, définitive, la consommation, à la racine de tout droit, de la révolution sociale chrétienne. Ceux-là mêmes qui, avant février, avaient jeté l'anathème sur ces principes, s'empressèrent de confesser l'injustice de leurs préventions.
* On vit s'accomplir soudainement les conversions les plus inattendues. Tous les disciples de H. Bûchez répudièrent enfin ce principe de la religion de l'État qui les séparait de la démocratie libérale; ils comprirent désormais que ce principe était tout l'opposé du véritable esprit du christianisme.
5 11 appartenait surtout à la démocratie chrétienne de revendiquer el de défendre les conquêtes libérales de la Révolution; aussi eut-elle