‹ L'ItalieChapitre 142 sur 196 · PROGRÈS DE LA VRAIE DOCTRINE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE LA VRAIE DOCTRINE

lution ne s*était manifesté par des signes aussi écla* tants et aussi universels.

C'est pourquoi cette conquête de la liberté est maintenant impérissable. On peut affirmer que toutes les tentatives des parlis rétrogrades, toutes les connivences ou les faiblesses du pouvoir ne parviendraient pas à elTacer du droit public de la France le principe de la liberté religieuse. On a vu avec quelle énergie et quelle vivacité sest montré le sentiment national quand la force des événements a porté la question à Rome. L'attitude de la cour pontificale, Tappui persévérant de la papauté temporelle par l'armée française, ont donné lieu à une sorte d'explosion d'écrits innombrables en faveur de la liberté*.

Cependant , devant cette éclatante affirmation du droit moderne, l'esprit du passé, loin de s'avouer vaincu, s'est redressé plus menaçant que jamais, armé pour la lutte, opposant au torrent des révolutions la force imposante des siècles, et aux conquêtes de la

son organe dans le journal VÈre nouvelle, dirigé avec autant de talent que de patriotisme, d'abord parle père Lacordaire, puis par Tabbé Maret. Les circonstances étaient bien changées depuis que Villustre dominicain rédigeait le journal l'Avenir avec M. de Lamennais ; ces mêmes doctrines, liberté des cultes, séparation de l'Église et de l'État, liberté de la presse, etc., qui valurent aux rédacteurs de l'Avenir le blâme le plus sévère de la cour romaine, purent être sans inconyénient professées dans VÈre nouvelle,

* V. notamment les écrits de MM. Lanfrcy, Eug. Pelletan, John Lcmoine, d'Azeglio, de Strada, Fr. Passy, Eug. Rendu, de Présensé, etc., sans compter les efforts quotidiens des journaux, le Siècle^ les Déùats, la Presse, le Temps, l Opinion nationale, etc., et de leui^ confrères des départements.

RÉSISTANCES DE L'ËPISGOPAT. 289

liberté la puissance morale des traditions. Au cri d'à* larme de ses plus illustres représentants, l'épiscopat presque tout entier a répondu; sa défense a été ferme, intrépide, éloquente, et cette attitude énergique lui a suscité des auxiliaires inattendus, qui, pour étayer le \ieil ordre politique, prêt à crouler, ont jugé utile de venir en aide à cette papauté qu'ils détestent dans leur cœur.

Ce n'est pas nous qui blâmerons les résistances courageuses â ce qu'on croit une iniquité et la violation d'un droit; la constance, la fidélité au drapeau, la protestation persévérante du vaincu qui a foi dans la justice de sa cause, sont toujours ce qu'il y a de plus respectable au monde et le plus bel exemple qui se puisse donner aux peuples. Tout en regrettant que les évoques n'aient pas montré, à l'occasion, comme citoyens, le même zèle qu'ils viennent de montrer comme prêtres, nous les honorons d'avoir élevé la voix quand l'indépendance du chef de l'Église leur a semblé menacée. C'eût été une honte et une lâcheté de plus à ajouler aux hontes et aux lâchetés de notre époque, si une grande cause, qui a dominé toute la première et longue période de l'Europe chrétienne, était tombée sans combat et sans gloire, rappelant l'écroulement ignominieux du vieil empire romain.

Ces efforts indomptables montrent quels éléments de vie, de force, d'activité, demeurent impérissables dans l'Église de Jésus*Christ, et quelle puissance elle déploiera pour la liberté, quand elle aura reconnu

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