LA RÉVOLUTION CONSACRÉE A ROME
nom de cette haute mission qui les avait faits, à l'origine des temps modernes, les initiateurs de la civilisation ; il fallait que la révolution française, pleinement comprise par eux et ramenée à sa source, devint Tâme de leurs aspirations patriotiques, et qu'ainsi le problème de la nationalité italienne prit, à Rome, le caractère d'un intérêt universel.
Malheureusement, le terrain était mal préparé. Depuis la dernière immolation de Tltalie, le parti guelfe^ pris dans sa plus détestable acception, avait pu régner sans partage et pétrir une société toute cléricale, sans virilité, sans ressort, presque sans conscience de sa profonde dégradation.
Les barbares, si prolongée qu'eût été leur conquête^ n'avaient pu pénétrer dans la vie intime de cette race latine si fortement trempée. Maîtres de ses destinées matérielles, ils n'avaient pu Tétre de son génie; le vaincu gardait sa fierté native, et, sous le joug, montrait le front d'un souverain.
Ce que n'avait pu faire la domination barbare en plusieurs siècles, la domination espagnole, c'est-àdire l'inquisition et les jésuites, l'accomplit en quelques années.
C'est que, cette fois, les gardiens même du génie italien se faisaient les complices de la puissance conquérante. Les grands papes du moyen âge, dominant les hordes envahissantes de toute la hauteur de leur sublime apostolat, n'avaient cessé de rallier les esprits et les cœurs autour de Tarche inviolable. Quand le flot