‹ L'ItalieChapitre 15 sur 196 · LUTTES SANS GRANDEUR · texte numérisé non relu

LUTTES SANS GRANDEUR

mais ayant du moins rinstinct et Tamour de la liberté et croyant la trouver, soit dans le droit universel et protecteur du saint-empire, soit dans Tunité morale et sociale de la théocratie guelfe, voici maintenant des seigneurs, héritiers de toute la force publique échappée des mains du peuple par suite des guerres civiles, n'ayant d'autre but que d'affermir et de perpétuer leur pouvoir, indifférents aux graves problèmes qui avaient passionné les siècles précédents, et cherchant indistinctement leur point d'appui, selon Toccurrence, ou sur le saint-siége ou sur l'empire.

Au lieu du César rêvé par les poètes, protecteur naturel et suprême des droits et des intérêts de la société laïque, c'est un prince qui ne se souvient de Tltalie que pour lui extorquer ses richesses, et de Rome que pour y parodier la majesté impériale et pour y donner le scandaleux spectacle de la nomination d'un pape schismatique.

Au lieu des illustres pontifes théocrates qui mettaient toute leur ambition dans la grandeur de TÉglise, qui voulaient émanciper socialement les peuples, tout en les dominant, et faire de l'Italie démocratique le centre glorieux du monde chrétien, c'est un pape étranger à l'Italie, ne comprenant plus rien au rôle providentiel de la ville éternelle, mais voulant conserver à tout prix les avantages temporels du domaine pontifical.

Page 1