‹ L'ItalieChapitre 154 sur 196 · LEÇONS DE L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

LEÇONS DE L'HISTOIRE

ment de la papauté, puis à l'exil d'A\ignoR, puis au grand schisme d'Occident, puis au dernier déchirement de rÉglise par la réforme?

Où voit-on, dans cette lamentable histoire, le saintsiège digne, indépendant, honoré? Est-ce avec les papes qui furent les véritables fondateurs de l'État ecclésiastique? Est-ce avec les La Rovère? Est-ce avec les Borgia? Est-ce avec les Médicis? Est-ce avec ces pontifes corrompus, simoniaques et féroces?

Et quand le but est atteint, quand le chef de l'Égliso est bien réellement un roi de la terre, et que, pour pour prix de Tllalie immolée, l'État pontifical est admis désormais dans le concert des monarchies européennes, appellera-t-on indépendance cette solidarité étroite qui, depuis le dernier pacte, associe la papauté à la politique de tous les gouvernements absolutistes et en fait le principal obstacle au mouvement des peuples vers la liberté ?

C'est rindépendance apparente, mais la servitude réelle ; c'est la liberté matérielle pour le souverain pontife de se mouvoir dans un rayon de quelques lieues, mais c'est le boisseau mis sur la lumière, sur cette lumière qui éclaira les premiers pas des peuples affranchis, et que nous voulons voir resplendir ' de nouveau sur les grandes conquêtes de la civilisation. D'ailleurs, est-ce sérieusement qu'on croit que la possession d'une province est une garantie pour le saint-siége? Comment ne voil-on pas que, dans le cas de mauvais vouloir de la part des princes, ce n'est pas

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