‹ L'ItalieChapitre 166 sur 196 · M LES PEUPLES FONT CE QU'ILS PEUVENT · texte numérisé non relu

M LES PEUPLES FONT CE QU'ILS PEUVENT

aversioT! pour le régime en vigueur, l'intérêt de la défense nationale ferait taire en nous tous les ressentiments et dominerait tous les souvenirs.

Ceux qui ont foi dans la puissance des principes et dans la logique providentielle, qui, en définitive, gouverne le monde tantôt par les évolutions directes, tantôt par les sanctions vengeresses, ne se découragent point lorsqu'un obstacle temporaire les comdamne à ne faire qu'un pas, au lieu de courir d'un bond vers le terme. Ils savent quelle est la forme suprême de la démocratie. Toute nation moderne doit y aboutir à son heure. Si des causes accidentelles, enrayant une révolution démocratique, créent une dynastie royale, celle-ci n'aura de raison d'être que comme régime transitoire destiné à faire l'éducation du peuple.

Or, si cette dynastie est fidèle à sa mission, c'est-àdire si elle s'attache à rendre le peuple de plus en plus capable et digne de faire usage de sa souveraineté, elle prépare elle-même l'avènement plus ou moins prochain de ce régime que nous appelons la forme définitive de la démocratie.

Si au contraire cette dynastie, afin de se perpétuer, essaye de poser devant elle une borne infranchissable, si, au lieu d'éclairer progressivement le peuple et de lui inspirer, avec la conscience de ses droits, les mâles vertus de la vie publique, elle s'efforce de faire durer indéfiniment sa minorité par l'ignorance, par la corruption, par la surexcitation des plus bas instincts de

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