LE DENIER DE SAINT PIERRE
sorte, proclamer Timpuissance et Tabdication de la société chrétienne. Les catholiques qui accepteraient cette situation faite à la papauté subiraient la dernière des humiliations.
Non, point de budget officiel. Ce que nous voulons pour le Pape, c'est le denier de saint Pierre, c'est-àdire le tribut volontaire des chrétiens, lobole spontanée du pauvre à côté de la pièce d'or du riche. Or, les États politiques n'ont rien à faire dans ces pieuses offrandes du monde chrétien ; ce sont les^ catholiques que ces soins regardent, et avec eux, nous ne craignons pas de l'assurer, tous les amis de la liberté, qui, plaçant au-dessus de tous les intérêts les droits de la conscience et la dignité des âmes, voudront s'honorer en rendant hommage au pacifique représentant du principe spirituel dans les sociétés humaines.
Quand le moment sera venu, il y aura vingt moyens pour recevoir et régulariser ces offrandes. Il suffit ici d'en indiquer un qui est bien simple :
Que, dans chaque église, soit placé un tronc pour le pape; que chaque évêque, dépositaire des dons de toutes les paroisses de son diocèse, lés envoie périodiquement à Rome. Quel est le catholique qui pourrait craindre que ce budget volontaire ne restât audessous des besoins de la cour romaine? Il ne faut pas oublier, du reste, que ces besoins seront singulièrement réduits quand il n'y aura plus à entretenir ni armées permanentes, ni administrations civiles, ni police; en un mot, quand les papes n'auront plus à