DA>'GBRS DE L'ALLIANCE PROPOSÉE
talembert, de combattre le socialisme, après avoir donné du socialisme une définition imaginaire et odieuse. Mais enfin je n'ai pas à m'occuper ici de là question théorique du socialisme ; ce n'est pas là ma mission aujourd'hui. Mais n'est il pas vrai qu en dehors de toutes ces utopies, que vous pouvez repousser, le^ unes comme folies, les autres comme dangereuses, n*est-il pas vrai qu'il y a des problèmes nouveaux qui sont posés par la science humaine devant les hommes d'État qui sont chargés des destinées du pays? N'est-il pas vrai quMl y a des problèmes économiques, des problèmes financiers, des problèmes sociaux? Eh bien, comprenez-vous les inconvénients de votre alliance? Vous allez juger avant l'heure. Vous allez recommencer ces prétentions» je ne dirai pas de l'Église, mais de quelques amis imprudents de TÉglise et de quelques défenseurs officieux, qui repoussèrent des vérités consacrées plus tard par la science, et qui ainsi reçurent d'elle d'éclatants démentis.
Ne vous exposez-vous pas à faire pour les sciences nouvelles ce que vous avez fait pour les sciences anciennes?
Voilà un danger que je vous signale. (Approbation à gauche.)
Le danger, messieurs, savez- vous où il est encore? Il n'est pas dans l'existence de théories plus ou moins subversives; il est dans le sentiment de la peur qui s'est emparée de vous; il est dans le sentiment de la peur que, par vos actes et vos paroles, vous vous ef-
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forcez sans cesse de communiquer aux populations. Les imprudents sont ceux qui cherchent constamment à persuader à la nation qu'elle est prête à périr. (Nouvelle approbation à gauche.)
Les coupables sont ceux qui sèment partout les défiances (Très-bien!), ce sont ceux qui grossissent à plaisir des dangers trop réels, et qui finissent par les présenter comme des fantômes formidables. (Sourires à droite.)
Une voix. L'aveu est bon à enregistrer.
M. Aanaud. (de l'Ariége). Ce n'est pas un aveu qui m'est échappé. Assurément il y a des dangers trop réels, je ne le nie pas, nous devons tous nous unir pour les conjurer. Mais je dis qu'on les grossit aux yeux de la nalion, et qu'on augmente le mal en l'exagérant outre mesure.
Où en sommes-nous, messieurs? Sommes-nous une nation d'enfants ou sommes-nous un peuple libre? Eh quoi! les générations auront beau se succéder, les révolutions s accomplir, le moment n'arrivera jamais où la liberté sera réalisée parmi nous, parce qu'il plaira à nos hommes d'État de dresser toujours un nouveau fantôme aux yeux des populations trop crédules! Avant la Révolution de Février, tantôt c'était la république que Ton présentait comme le monstre contre lequel il fallait armer TÉtat, tantôt le suffrage universel.
Voix à droite. On avait raison.
M. LE Paésibent. On craignait ce qui est arrivé.