L'ÉGLISE ET LA LIBERTÉ
Mais M. de Moiilalemberl, d*un bout à l'autre de son discours, a commis la même confusion ; il a déplacé la question, quand il est venu nous dire que la religion seule pouvait opérer dans les mœurs ce qu'avait vainement tenté l'université, ce que tenteraient vainement tous les pouvoirs de la terre.
Je suis de son avis; oui, la religion seule pacifiei^a les consciences, rectifiera les cœurs, substituera l'humilité à Torgueil, Tesprit d*ordre à l'esprit de révolte; seule, elle inspirera le respect des lois et le sentiment de la fraternité.
Mais j'affirme, et je ne cesse de répéter que cette action vivifiante et régénératrice de TÉglise ne s'opérera que sous le souffle de la liberté.
Compromettez-la dans une alliance qui la rende solidaire et responsable des actes d'un parti politique, et vous allez raviver contre elle tous les vieux préjugés, toutes les haines, toutes les rancunes; vous allez lui donner, une fois de plus, les allures d'une puissance despotique, à elle qui ne doit régner que par l'amour. (Très-bien I très-bien I)
Dégagez-la, au contraire, de ces entraves; elle rayonnera, elle répandra autour d'elle la chaleur et la lumière, et les cœurs s'ouvriront à son influence, et les peuples la salueront, et, après avoir été l'étoile du passé, elle sera la providence de l'avenir. (Nouvelle et vive approbation sur plusieurs bancs.)
Que me parlez-vous de circonstances difficiles, de dangers publics? Les hommes qui, à toutes les épo-