LA SOCIÉTÉ DIVISÉS EN DEUI CAMPS
était un principe contradictoire. Sous l'Empire, vous avez vu le principe de Tégalitè de tous les cultes devant rÉlat proclamé, et cependant l'empereur s efforçant de mettre la main sur la discipline ecclésiastique et de dominer TÉglise; vous avez vu enfin la création de Tuniversité qui, je ne crains pas de TafQrmer, est l'institution qui correspond le plus directement à ce que j'appelle la révolution faussée, dénaturée, pervertie.
La société, désormais, va être divisée en deux camps, le camp où est arboré le drapeau de la liberté, le camp où est arboré le drapeau de la compression. Tous les vieux partis n^ont plus de sens ; tous ces vieux partis sont devenus de véritables coteries.
Que me parle-t-on de démocrates rouges ou républicains rouges! que me parle-t-on de socialistes!
Est-ce qu'on les a définis? Est-ce qu'il n'y a pas aujourd'hui sous ces mots mille systèmes divers qui se combattent, qui sont séparés profondément, et qu'on rend cependant solidaires les uns des autres?
Mais ce qu'il y a de réel, c'est qu'il y a des hommes qui aiment sincèrement la liberté, qui la veulent et qui la demandent sincèrement, qui la demandent non-seulement pour eux, mais pour tous.
11 y a, au contraire, des hommes qui n'aiment pas la liberté, qui n'ont pas foi en elle, qui n'ont foi que dans les moyens de compression.
Dans le premier camp, vous trouvez des amis de l'or-
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dre, des républicains, des monarchistes, vous trouvez des démocrates rouges, des socialistes de toutes nuances; mais, au moins, ils peuvent se rencontrer, se donner la main sans danger, car, enfin, leurs luttes pacifiques ne compromettront pas la paix publique, ils admettront la libre discussion de leurs idées et de leurs croyances, ils tâcheront de faire prévaloir par la propagande pacifique, légitime, ce qu'ils considèrent comme la vérité.
Dans l'autre camp, je rencontre aussi soit des amis de Tordre, soit des républicains honnêtes et modérés, soit des républicains rouges, soit des socialistes. Je ne suis avec aucun de ceux-là, parce que je ne suis avec aucun de ceux qui ne veulent pas la liberté, qui n'ont foi que dans la compression et dans la violence. Ces moyens, je les désavoue et je les déteste; je les répudierai de quelque part qu'ils viennent, quel que soit le nom du parti qui veuille les mettre en avant.
Nous voilà donc divisés en deux camps.
Vous, dominés par le sentiment de la peur, vous croyez que la société ne peut être sauvée que par la contrainte.
Nous, pleins de confiance, parce que nous avons foi dans la puissance de la vérité, parce que nous avons foi dans le bon sens public, parce que nous ne désespérons pas de la conscience humaine, nous attendons la liberté.
Vous, vous avez dit à tous les intérêts alarmés : Hâtez-vous de vous coaliser, armez-vous de toutes les ri-