‹ L'ItalieChapitre 20 sur 196 · INNOCEWT VI ET CHARLES IV · texte numérisé non relu

INNOCEWT VI ET CHARLES IV

On parle sans cesse de la mobilité et de Tincon* stance du peuple ; on le montre élevant et brisant tour à tour ses idoles. Ces vengeances populaires, ces exécutions sanglantes de l'émeute sont toujours déplorables; mais on oublie trop les palinodies et les trahisons qui le plus souvent les ont provoquées. Le double exemple d'Arnaud de Brescia et de Rienzi est la preuve éclatante que, si les peuples sont sans pitié envers les ambitieux qui les flattent d*abord pour les sacrifier dès que la fortune leur a donné lé pouvoir, ils savent garder un culte fidèle aux amis désintéressés dont lé dévouement a grandi avec leurs succès.

g 4. — Innocent VI. — Charles lY. — Urbain V. — Grégoire XI.

La chute de Rienzi laissait le champ libre aux légats du saint-siège. Un découragement universel avait suivi leà vaines tentatives de pacification des seigneurs^ du roi de Naples, de deux empereurs, de Jean de Bohême et enfin de Tinfortuné tribun de Rome. Cette lassitude des chefs et des peuples favorisait singulièrement les projets de restauration du pouvoir temporel des papes. Le cardinal Albornoz n'eut pas de peine à se rendre maître de Rome.

Le césar d'Allemagne voulut de son côté profiter de l'état anarchique de l'Italie pour essayer d'y rétablir l'autorité impériale. Mais l'apparition de Charles IV ne sembla destinée qu'à rendre plus manifeste Tabaisse-

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