‹ L'ItalieChapitre 22 sur 196 · LES ILLUSIONS PERSISTANTES · texte numérisé non relu

LES ILLUSIONS PERSISTANTES

deux puissances, au lieu de trouver entre elles le trait d'union, ont fini par se ruiner Tune l'autre. Toutes deux, voyant le vide qui s'est fait autour d'elles, ont déserté ce théâtre dé leur anibition, désolé par tant de drames sanglants et stériles.

Plût à Dieu que les Italiens eussent compris cette grande leçon des événements, et qu'ils eussent pris l'héroïque résolution de chercher leur salut en euxmêmes ! Mais rillusion qui les égarait avait des racines si profondes, qu'elle survivait à tous les désastres. Même en ce moment où ils n'ont que des mépris et des colères pour ces empereurs dégénérés et pour ces papes simoniaques, ils se lamentent sur leur abandon. Us n'ont plus foi dans ceux qu'ils appelaient jadis alternativement comme leurs libérateurs, mais ils les regrettent tout en les détestant.

Quand Charles IV s'éloigna de Rome le lendemain de son couronnement, selon sa promesse à Innocent VI, Pétrarque se fit Técho dû désespoir des Romains : « jour d'opprobre, s'écria-t-il, serment déplorable ! le pape, qui ai renoncé à Rome, ne veut pas même qu'un autre s'y arrête. »

La papauté avait renoncé à vivre au milieu de ces , Romains qu'elle n'avait pu dompter, mais elle n'avait pas renoncé aux avantages temporels de sa souveraineté politique. Nous avons vu <;omment cet

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