‹ L'ItalieChapitre 24 sur 196 · LE PAPE RENTRE A ROHE · texte numérisé non relu

LE PAPE RENTRE A ROHE

ce monde, jamais des hommes tels que Guillaume de Noellet, Tabbé de Montmayeur et Robert de Genève n'auraient convoité la pourpre, et TÉglise n'aurait pas été déshonorée par de pareils monstres; au lieu de bourreaux, elle aurait eu des prêtres de Jésus-Christ.»

Cette guerre à outrance n'avait pas même atteint l'unique but que se proposaient les légats. L'esprit de révolte était partout dans les États de l'Église. 11 ne restait presque plus rien des conquêtes d'Albornoz. Son œuvre était à refaire.

Il était temps que le pape essayât de rétablir par sa présence les affaires du saint-siége. Il finit donc par se rendre aux vœux des Romains et aux instances de sainle Catherine de Sienne, envoyée près de lui par les Florentins. Grégoire XI, malade et irrité des résistanceSvqu'il rencontrait à chaque pas et particulièrement des défiances que les Romains manifestèrent envers lui, n'apporta point dans ses négociations avec Florence Tesprit de conciliation qui lui eût facilement ramené l'illustre cité guelfe. Il renouvela contre les Florentins ses anathèmes ; et c^ux-ci se disposèrent à soutenir la lutte.

Barnabe Visconti proposa sa médiation; mais sa décision était déjà vendue au pape. Grégoire XI, qui avait rapporté de la cour d'Avignon une conscience peu scrupuleuse sur le choix des moyens, promit au

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seigneur de Milan de partager avec hii l'argent qu'il ferait payer à la répubjlique»

On en était là quand le pape mourut à Rome de la gravelle, le 27 mars 1^78.

La captivité de Babylone a cessée mais pour flaire place à une période plus déplorable encore, la période du grand schisme d'Occident.

La papauté a b^au aller de Rome à Avignon, d'Avignon à Rome ; elle se transporterait en vain sur tous les points du m<mde chrétien ; elle marcherait de difficultés en difficultés et tomberait de décadence en décadence, tant qu'elle ne changera pas les conditions de son existence. Aussi longtemps qu'elle cherchera son point d'appui ^ur des forces matérielles, au lieu de son indépendance, elle trouvera la servitude.

Eitle vient d'essayer en France un sol moins mou- .vant que celui de l'Italie; elle y a subi la domination du monarque protecteur, et elle a scandalisé l'Église par sa vénalité, par le relâchement de ses mœurs, par sa soif des richesses et par les exactions dont elle usait pour se les procurer.

Elle retourne en Italie ; elle reprend possession de cette chaire vénérée de saint Pierre où Ton voudrait ne voir briller que les vertus des premiers apôtres. Mais l'expérience des dernières années est perdue pour la cour romaine. Elle n'a qu*une pensée : reconquérir sa motte de terre, régner temporellement sur quelques provinces et reprendre toutes les traditions de la politique théocratique.

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