‹ L'ItalieChapitre 25 sur 196 · LE MAL SE PERPÉTUE · texte numérisé non relu

LE MAL SE PERPÉTUE

Chose inouïe I de rabaissement de la papauté pendant cet exil qu'on a justement appelé ]a captivité de Babylone, on a \oulu tirer un argument en faveur des possessions temporelles dusaint-siége*. Comment ne voit-on pas que la racine du mal est dans ces prétentions mêmes qui accompagnent partout la cour pontificale, dans sa fausse conception du rôle du sacerdoce chrétien au sein des sociétés humaines, dans cette illusion fatale, qui ne croit pas le chef de l'Église indépendant si, à Rome, il n'a sous ses pieds un royaume, et hors de la ville étemelle, des alliances qui assurent au clergé l'appui du bras séculier, de nombreux privilèges politiques et des richesses immenses?

L'exil des cardinaux aura un terme, mais non leur aveuglement et leurs aberrations. A Rome comme en France la papauté va recommencer les mêmes fautes, et préparer les mêmes résultats désastreux pour l'Italie, pour rËglise et pour le monde.

* V. le livre de M. le cardinal Mathieu archevêque de Besançon, le Pouvoir temporel des papes.

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