‹ L'ItalieChapitre 33 sur 196 · LA SEIGNEURIE DE MILAN · texte numérisé non relu

LA SEIGNEURIE DE MILAN

que sans nul obstacle, dans les Romagnes, dans les Marches^ dans l'Emilie et dans Ja Toscane. Tantôt marchant au but avec audace, tantôt suivant avec patience tous les détours d'une politique insidieuse, ce seigneur, qui couvrait du masque de la dévotion tous les vices et toutes les turpitudes, réussît à ruiner à son profit, les unes par les autres, toutes les maisons qui se partageaient la Péninsule.

Bernabos Visconti avait préparé les voies à son neveu Jean Galéas. D'un côté il s'était avancé vers Florence en s'emparant de Reggio et de San Miniato; de l'autre, il avait inquiété Venise en tenant en échec Padoue et Vérone; et, ne pouvant encore montrer ouvertement ses prétentions sur Rome, il avait eu soin d'y fomenter des insurrections gibelines.

Jebn Galéas, qui s'était défait de son oncle par un crime, avait ainsi concentré dans ses mains toute la puissance des Visconti et repris l'œuvre de la conquête dans des conditions plus favorables. « Dès lors, dit M. Ferrari, la seigneurie s'avance rapidement vers Rome comme un navire allégé sous la manœuvre d'un capitaine supérieur; en 1387, elle s'empare de Vérone et de Vicence; l'année suivante de Padoue ; en 1598 de Sienne; en 1399 de Pisé, puis de Pérouse, de Luc* ques, d'Assise, dé Nocera, Spolèle et Bologne. »

Dans les Marches, Jean Galéas a successivement

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