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L'UNIFICATION IMPOSSIBLE

Les papes, même les plus faibles, avaient ainsi bon marché de toutes les tentatives d unification; et quand, par des circonstances exceptionnelles, ils ne pouvaient arrêter Tœuvre de la conquête, ils étaient sûrs, qu'elle vînt du midi, qu'elle vînt du nord, qu'elle n'aurait point de lendemain. En ruinant les entreprises comme celle de Rienzi, ils défendaient, aux yeux des peuples, Tunité morale du saint-siége contre Tunité brutale de César. En combattant le roi de Naples, ils combattaient l'étranger. En combattant Milan, ils luttaient pour la liberté, pour le droit moderne, pour la civilisation.

Qu'importe donc qu'au moment où Milan croit triompher de Rome, ni l'empereur ni le pape ne soient en état de préserver la capitale du monde chrétien. Milan ne peut vaincre et absorber Rome.

En vain les républiques aussi bien que les villes gouvernées par des seigneurs répudient-elles le dangereux secours des légats pontificaux et se dégagentelles des vieilles influences; en vain l'Italie, presque toute guelfe en 1350, au commencement de la guerre contre le seigneur de Milan, était-elle, à la fin de la guerre, presque tout entière gibeline contre le pape; en vain le grand schisme qui divise l'Italie et l'Europe en deux camps laisse-t-il en quelque sorte le trône

pontifical dans le vide le grand intérêt du monde

chrétien ne cesse pas d'être à Rome, et la capilale uni-

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