LES ITALIEJ4S VEULENT FINIR LE SCHISME
ques années plus tard, Télection du nouveau pape romain. Innocent VII, dès qu'il tint ta tiare, ne voulut la déposer à aucun prix.
A chaque, épreuve nouvelle, la situation ne faisait que s'aggraver. On n'éteint pas facilement un foyer dé scaAdale qu'ont allumé les désordres et la corruptiim de plusieurs siècles et qu'alimentent tous les intérêts égoïstes; toutes lés passions et tous les vices. Plusieurs tentatives échoueront avant que la grande réconciliation s'accomplisse...
Les Italiens mirent tout leur zèle à préparer cette solution. Pour eux, l'idée qui surnageait toujours au milieu du naufrage de leurs libertés, de leurs illu* sions, de leurs gloires nationales, c'était l'idée de Tunité morale du genre humain. Leur grandeur était dans le triomphe de cette unité par l'empire incontesté du siège apostolique. Ils avaient tout sacrifié à cette idée, indépendance, paix intérieure, patrie commune. Ils devaient s'y attacher avec plus d'ardeur que jamais, maintenant que ce sacrifice était consommé. Que leur nesterait-il si, après avoir renoncé à être une nation, ils laissaient le inonde s'habituer à vivre sans recevoir l'impulsion de Rome ?
Or l'exil d'Avignon et le grand schisme avaient déjà causé un grand trouble dans les esprits. 11 fallait se hâter de ramener dans la ville éternelle les éléments
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dispersés du sacré collège, si Ton voulait restituer au Vatican Tautorité de ses oracles.
L'Italie, en se mettant à la tête de cette entreprise, ne fit donc que reprendre sa mission providentielle. Venise et Florence unirent leurs efforts à ceux de Rome. Peut-être auraient-elles réussi h vaincre l'obstination de Grégoire XII, si ce pape n'eût trouvé un auxiliaire dans le nouveau roi de Naples, Ladislas, auquel une trahison des Orsini avait livré Rome, et qui rêvait la conquête impossible de l'Italie.
Ne pouvant rien obtenir ni du pontife romain, ni de celui d'Avignon, tous les cardinaux, cédant aux instances des Florentins, réunirent à Pise un concile. Là, les deux papes furent déposés, et, après une délibération qui dura onze jours, Pierre Philarge, arche-* véque de Milan, fut élu par le conclave sous le nom d'Alexandre Y.
Cet événement ne fit que compliquer la situation. Au lieu de deux papes, on en eut trois, les deux premiers refusant obstinément de se soumettre à la décision du concile.
Alexandre V, quoique soutenu par Louis II, comte d'Anjou, qu'avait appelé Florence, et par le chef de partisans Braccio de Montone, ne put se rendre maître que d'un quartier de Rome. Sa mort, survenue le 5 mai 1410, ne supprima pas ce troisième élément de discorde.
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Florence, Tâme du parti qui avait fait la tentative de Pise, se hâta de faire donner un successeur à Alexandre. Le choix fut déplorable. Quand il eût fallu relever le pontificat aux yeux des peuples, par des vertus éclatantes, on confiait Tœuvre si difficile de la réconciliation universelle à Tun des membres les plus ambitieux, les plus violents et les plus mal famés du sacré collège.
Tout en faisant la part des exagérations de son historiographe Théodore de Nien, qui avait été son secrétaire, la tyrannie que Jean XXIU avait exercée sur les Romagnes en qualité de légat était de notoriété publique, et sa conduite sur le trône pontifical ne fui que trop conforme à ces tristes précédents.
Ce n'était pas un pareil représentant de Tunité religieuse qui pouvait obtenir Tabdication volontaire des deux autres pontifes. Ceux mêmes qui l'avaient nommé comprirent bientôt qu'un grand concile serait seul capable de mettre fin au schisme en déposant à la fois les trois pontifes.
Ce concile était depuis longtemps l'objet de tous les vœux. Jean XXllI en ajournait indéfiniment la réunion, tant il avait lieu de redouter pour son propre compte le jugement de l'auguste assemblée. Mis en demeure par l'empereur Sigismond, et après avoir reçu de ce prince l'assurance qu'il ferait reconnaître ses droils,il se décida à convoquer le concile de Constance.