‹ L'ItalieChapitre 46 sur 196 · LES CONDOTTIERI · texte numérisé non relu

LES CONDOTTIERI

Les soldats licenciés après la paix de Brétigny, au lieu de retourner aux travaux des champs, s'unirent aux paysans révoltés et organisèrent des compagnies d'aventuriers qui couvrirent toute la France. D'autres aventuriers pillards, attirés par l'espoir d'un butin facile, arrivèrent dç l'étranger.

Avignon, où la cour pontificale avait accumulé dUmmenses richesses, était pour ces bandes une proie fort convoitée : « Une grande compagnie s'était emparée du pont Saint-Esprit; une autre, appelée la eompagnie anglaise^ forte de six cents hommes, s'établit à dix' lieues d- Avignon; une troisième arriva d^EspagneavocJe dessein de rançonner le pape qu'on savait bien pourvu d'argent*. »

La cour pontificale eut beau fortifier la ville ; elle sentait bien qu'il fallait aussi peu compter sur ces moyens de résistance que sur les secours du roi très-chrétien. Au lieu d'attendre l'attaque irrésistible des bandes, il était ui^ent de les éloigner à tout prix.

Innocent Vf saisit, avec empressement l'occasion qui lui était offerte par la querelle du seigneur de Milan et du marquis de Montferrat. 11 fournit à ce dernier l'argent nécessaire pour prendre à sa solde les compagnies qui menaçaient Avignon. C'était pour le trésor pontifical un sacrifice considérable ; la somme exigée dépassa cent mille florins; mais le danger fut conjuré pour la cour papale.

* DeCherrier, t HI, p. 331.

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