LES MERCENAIRES INDIGÈNES
foi ni loi ni patrie se battant pour \ivre. Quant aux Italiens proprement dits, c'est-à-dire aux citoyens appartenant à Tun des États péninsulaires, ils ne se battaient plus.
Ce désarmement des citoyens mit ainsi toutes les forces militaires du pays dans les mains des chefs de bandes. Quelques-uns de ces capitaines acquirent une grande illustration parmi leurs contemporains, et bientôt ils furent en état de faire la loi aux princes et aux républiques qui les prenaient à leur solde. Les Braccio de Montone, les Piccinino, les Sforza traitaient avec les gouvernements italiens de puissance à puissance, et ils purent, sans trop de présomption, ambitionner la gloire de devenir à leur tour les chefs de ces provinces qui ne savaient plus que changer e maîtres.
Leurs premières tentatives furent dirigées du côté des États pontificaux. L'éloignement de la cour romaine laissait le patrimoine de Saint-Pierre presque à leur merci. Braccio et Sforza en profilèrent, le premier pour s'emparer de Pérouse, grâce au secours des Bolonais qu'il gouvernait au nom du saint-siége ; le second pour établir une forte garnison dans Rome et pour se fortifier dans un grand nombre de châteaux. Les deux condottieri rivaux essayaient ainsi de poser les fondements de nouveaux et puissants États.
Un favorable concours de circonstances semblait devoir aplanir autour d'eux tous les obstacles : ils n'avaient rien à craindre du côté de Naples, que les