ABDICATION NATIONALE
peuples que des mots vides de sens : le saint-empire n'est plus qu'un souvenir historique ; la papauté, en tant que puissance théocratique, telle que l'avait rêvée Grégoire VII, n'est plus qu^une vaine et dérisoire prétention; ritalie n'est plus que la poussière d'une nation.
Pourquoi? parce que des illusions obstinées et des intérêts misérables ont détourné chacun de ces grands éléments de sa voie naturelle et légitime.
Le saint-empire, au lieu d'être l'éternelle affirmation du droit humain en face du droit également légitime mais distinct du prêtre, est devenu un instrument de domination comme il l'avait été dans les mains des princes païens, et cet édifice antichrétien n'a plus eu de raison d'être dans le monde moderne.
La papauté, au lieu de rester la pure lumière des âmes et la protectrice de tous les droits, s'est crue maîtresse du corps comme de Tesprit, de Têtre social comme de la conscience; elle s'est avisée d'asseoir cette double domination sur la négation d'un droit sacré, le droit national de l'Italie; et elle n'a trouvé sur sa motte de terre, prétendue sauvegarde de son indépendance, qu'une possession précaire, vingt fois perdue, vingt fois reprise, et toujours contestée.
L'Italie, dans son orgueil, non contente d'être le centre de l'unité morale du monde, s'est associée aux prétentions théocratiques de la cour romaine et aux prétentions non moins dominatrices de l'empire; et son ambition a été son suicide^ Les peuples de la Péninsule, devenus la proie des chefs de bandes, vont