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BUGËI^Ë IV. . 99
La situation ne fit que s'aggraver sous le successeur de Martin, Eugène IV. L'Église vit encore une fois ses provinces entièrement perdues et son chef chassé de Rome.
Le nouveau pape se trouva dès les premiers jours en hostilité avec le concile de Bâle, réuni sur la convocation de son prédécesseur, avec le duc de Milan qui ne cessait de convoiter les États pontificaux, avec les Romains toujours en révolte contre le joug des prêtres.
Les condottieri, les seuls armés et par conséquent les seuls en possession d'une force réelle, étaient toujours prêts à profiter des fautes des princes et des troubles populaires. François Sforza et Nicolas Forte Braccio venaient d'être licenciés par le duc de Milan. A l'instigation de ce prince qui jugeait commode de payer ses capitaines aux dépens de ses voisins, ils tournèrent leurs armes contre les États de l'Église, dans le dessein de s'emparer, le premier de la Marche d'Ancône, le second du patrimoine de Saint-Pierre proprement dit.
Ce fut pour l'un et pour l'autre une conquête facile. Les Marches, en ce moment, étaient en pleine révolte, à cause des exactions, des perfidies et des violences que leur faisait subir le gouverneur pontifical, Jean
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Vitelleschi, évoque de Récanali. Rome, écrasée d'impôts et agitée par les Colonna, ennemis personnels d'Eugène IV, n'attendait qu'une occasion pour tenter de réconquérir son indépendance.
Rien n'avait pu servir de leçon à la papauté, ni les révolutions, ni l'exil, ni les déchirements de l'Église. A peine assise sur ce trône politique, l'éternelle chimère de son ambition et Féternel écueil de sa vertu, elle avait commis les mêmes fautes qui l'en avaient précipitée tant de fois. Au lieu de mettre sa confiance dans l'amour des peuples, elle avait cherché sa force dans les moyens humains et son prestige dans la pompe d'une cour toute mondaine. Pour payer ses armées, pour entretenir le luxe et la vanité de ses hauts dignitaires, pour nouer et multiplier en tous sens les innombrables fils de ses intrigues diplomatiques, il fallait d'immenses ressources ; la foi ne suffisait plus à alimenter le trésor du sacré collège ; il fallut y suppléer par les contributions forcées de tout le monde chrétien, sans compter le système abusif des indulgences.
Martin V avait amassé des richesses considérables. A sa mort, la famille des Colonna se les appropria en grande partie. Eugène FV mit Tltalie en feu pour en obtenir la restitution. Irrité de la résistance des Colonna, il fut impitoyable envers leui^ partisans. Il en fit mettre à mort plus de deux cents; il fit raser la maison de Martin V; enfin, après une guerre acharnée où il eut l'appui de Florence et de Venise, il chassa