EUGÈNE IV JUGÉ PAR SES ACTES
rétait à Florence, chassé de ses provinces pontificales, le pape n'était guère en position de faire valoir ses droits. 11 les abandonna bientôt et prit le parti de René d'Anjou, qu'il fit soutenir par Vitelleschi, à la fois condottiere et patriarche d'Alexandrie. L'intervention de ce prêtre aussi cruel que perfide fut un fléau pour les provinces napolitaines.
Tels étaient les agents qu'Eugène IV mettait en œuvre. Et quand il jugeait utile et urgent de s'en défaire, il savait les prendre dans leurs propres filets : en 1440, ayant découvert que Vitelleschi tramait une trahison, il s'empara de sa personne au moyen d'une ruse et le fit empoisonner.
Pendant ce temps-là, grâce aux bons offices de Cosme de Médicis, il s'était réconcilié avec François Sforza. Il conféra au condottiere la souveraineté de la Marche d'Ancône et le nomma gonfalonier de l'Église, à la condition que celui-ci l'aiderait à reconquérir le reste des provinces pontificales.
Cette cession de la Marche d'Ancône n'était qu'un leurre. Dès qu'Eugène fut rétabli dans ses États, afin de recouvrer la Marche, il trouva tout simple de tenter de faire assassiner Sforza par un des lieutenants de ce dernier, Baldassar de Offida.
C'est à Taide des mêmes perfidies et de violences abominables qu'Eugène IV s'était déjà emparé^ de Bologne. Son légat, Tévèque de Concordia, ayant pénétré dans la ville sous prétexte de réconcilier tous les partis, fit massacrer Antoine Bentivoglio,qui, sur