‹ L'ItalieChapitre 59 sur 196 · U PERFIDIE ÉRIGÉE EN SYSTÈME · texte numérisé non relu

U PERFIDIE ÉRIGÉE EN SYSTÈME

Fassurance du prélat, était rentré après un exil de quinze années. Thomas Zambecchari, Tun des plus grands citoyens de Bologne, fut également saisi par un odieux artifice, et pendu, un bâillon dans la bouche.

Le pape, après ces horreurs, ne craignit pas de venir établir sa résidence à Bologne. Mais peu de temps après il tomba à son tour dans les embûches de Nicolas Piccinino. Ce condottiere, qui avait été victime des perfidies d'Eugène, prépara lentement sa vengeance : il gagna la confiance du saint-père en feignant de vouloir le rétablir dans la Marche d'Ancône abandonnée à Sforza ; puis, profitant d'une absence du pontife qui avait quitté Bologne pour aller présider le concile de Ferrare, il se fit ouvrir pendant la nuit les portes de la ville par les amis de Bentivoglio, et prit possession de la citadelle.

Le pape perdit ainsi de nouveau le Bolonais et la plus grande partie de la Romagne. Machiavel raconte qu'après avoir fait ce coup Piccinino écrivit à Eugène IV une lettre dérisoire où il lui déclarait qu'il avait mérité ce traitement pour avoir tenté de le brouiller avec le duc de Milan, et pour avoir, dans ce but, perfidement répandu dans toute Tltalie des nouvelles mensongères.

Ces procédés déloyaux étaient devenus d'un usage si fréquent et si général en Italie, qu'ils n'avaient plus pour effet de rompre tout rapport entre le trompeur

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