‹ L'ItalieChapitre 60 sur 196 · H^ LA PERFIDIE ÉRIGÉE EN SYSTÈME · texte numérisé non relu

H^ LA PERFIDIE ÉRIGÉE EN SYSTÈME

et sa victime. Dès qu'un intérêt les rapprochait, ils renouaient leur alliance, sauf à se trahir de nouveau selon Toccurrence.

Eugène IV ne tarda pas à accepter l'aide de Piccinino, que le duc de Milan mit à son service pour reprendre sur Sforza la Marche d'Ancône. Il ne se fit aucun scrupule de dépouiller celui qui l'avait rétabli sur son trône et qui, peu de mois auparavant, avait commandé les troupes de la ligue formée entre le pape et René d'Anjou contre Alphonse d'Aragon. Tout fut oublié par Eugène, aussi bien ses engagements envers René que ses obligations envers Sforza. Il transféra à Piccinino le titre de gonfalonier de l'Église ; et aussitôt celui-ci s'empara de Todi par surprise, tandis que le pape entretenait la sécurité de Sforza par des paroles pacifiques.

Une. longue lutte s'engagea entre les deux célèbres condottieri avec des vicissitudes diverses.

C'est durant ces guerres, compliquées d'intrigues à l'infini et de trahisons, qu'on voit à quel point peut s'oblitérer le sens moral d'un homme qui se croit audessus de toutes les lois humaines par cela seul qu'il est le représentant de Dieu sur la terre. Le commandant des troupes pontificales avait beau prendre les engagements les plus sacrés vis-à-vis de ses adversaires, dès que son intérêt lui commandait de les violer, le pape le déliait de ses serments, sous prétexte qu'une convention nuisible à l'Église est toujours nulle de droit.

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