CLÉMENT V ET HENRI VII
négociait auprès des électeurs pour le succès de sa candidature ou de celle de son frère Charles de Valois. En même temps, fl envoyait ses agents et écrivait lettres sur lettres pour déterminer Téleotion de Henri de Luxembourg.
Dès que Henri fut* élevé au trône d'Allemagne, Clément Y s'attacha à porter lattentîon de ce prince sur l'Italie. Il avait hâte de montrer aux populations trop oublieuses du passé le chef du saint-empire, re-. paraissant dans tout l'éclat de sa puissance, promenant une armée victorieiusé à travers la Péninsule, recevant à Rome la couronne impériale et se posant en modérateur suprême en face du roi de Naples et des seigneuries naissantes.
Du reste, quelque iiUpatient que fût Clément V de voir Henri VII entrer en Italie, il- ne négligea pas de prendre des précautions contre les velléités ambitieuses de Tempereur lui-même. « Des ministres pontificaux, qui attendaiekit Henri à Lausanne, lui firent accepter, entre autres^ conditions avantageuses au saint-siége, une renonciation absolue à tout droit de souveraineté sur le territoire de l'Église*. »
Rien ne prouve mieux que la campagne de Henri VII et les tentatives que renouvelèrent ses successeurs à quel point s'était évanoui le prestige de Tempire.
* De Cherrier, t. III, p. 516.