INDIFFÉRENCE DE L'ITA^LIE ENVERS L'EMPEREUR
Henri parut en triomphateur et linit en aventurier. Acclamé par la haute noblesse de Lombardie, exalté par Dante, qui publia à son intention son célèbre livre gibelin de Monarchia^ accueilli par les légats pontificaux, qui lui firent eortége au miUeu des popu-^ la tions étonnées de cette entente cordiale enir« deux puissances si longtemps ennemies, ce prince, jeune et chevaleresque, put s'imaginer que les sympathies universelles allaient lui faire un rôle facile, et qu'il n'aurait qu'à se montrer pour rétablir Fànliqae droit impérial.
Il s'annonça donc comme l'arbitre impartial de tous les partis, nomma partout des vicaires dmpériaux à la place des vicaires du roi de Naples, ouvrit les portes des villes aux exilés, sans distiiu^tioïi de Blancs et de Noirs, de Guelfes et de Gibelins^ et crut l'Italie à seë pieds quand il reçut à Milan,, au milieu des transports de joie de la multitude, la couronne de fer qui, depuis près de cent ans, n'avait ceint le front d'aucun prince.
Mais tout cela n'était qu'un rêve. Au lieu de voir accourir sous sa bannière tous les partis réconciliés^ c'est à peine si Henri VII put ceconstitiiber qudques débris du parti gibelin en comblant de faveurs les principales maisons de la haute Italie, telles que la maison de Savoie, dont le chef Amédée fut créé prince de l'empire, et celle des Visconti, qui fut remise en possession du gouvernement de Milan. Clones aussi, espérant en finir avec leç factions qui perpétuaient dans son sein la guerre civile, aliéna pour vingt ans