EUGÈNE IV NE PEUT ACHEVER SA CONQUÊTE
Un pareil système "donnait à Eugène IV un grand avantage sur son ancien lieutenant, dont il avait juré la perte. Peu de mois suffirent pour enlever à Sforza tous les fiefs que son père avait glorieusement acquis dans le royaume de Naples. Il faut dire que la ruine de Sforza entraîna celle de René d'Anjou, qui avait tant compté sur Talliance du pape.
Il ne fut pas aussi facile d'enlever à Sforza la Mar* che d'Ancône. Deux fois en cinq ans Eugène IV suscita contre lui une ligue des princes italiens.
La première tentative laissa la victoire au capitaine, qui garda la Marche constituée en marquisat, sauf les villes d'Ancône, Osimo, Fabbriano et Récanati, qui furent restituées par lui, moyennant la promesse d'un tribut annuel.
La seconde tentative d Eugène, du duc de Milan et d'Alphonse de Naples contre Sforza fut plus heureuse, du moins au début. Un moment, il ne resta plus au célèbre condottiere que la ville de Jési. Mais l'année suivante, secouru par les Florentins et les Vénitiens, il entra dans TOmbrie et le patrimoine de Saint-Pierre, où le patriarche d'Aquilée avait causé un mécontentement général, et il finit par reprendre les confins de la Marche.
Eugène IV n'avait pas achevé sa conquête, quand la mort le frappa à Rome, le 23 février 1447.