LES PROVINCES PONTIFICALES
qu'on appelle les États de TÉgli^e ; mais en réalité ce pouvoir était illusoire. Si Rome était définitivement domptée depuis Fimmolation de Porcari, il n*en était pas de même de la plupart des villes pontificales. «L'Ëtat ecclésiastique s'étendait, comme aujourd'hui, des frontières de Naples à la Toscane et à la Lombardie. Les papes étaient maîtres de Rome, mais des seigneurs insoumis se partageaient la plus grande partie des provinces. Les lieutenants pontificaux eux-mêmes s'étaient rendus indépendants, et tenaient, chacun dans sa ville, de petites cours princières qui jetaient un certain éclat*. »
Il s'agissait donc, pour compléter la conquête de rÉtat pontifical, de faire dans les provinces ce qu'on avait fait à Rome, de soumettre les seigneurs à Tautorité du saint-siége et d'arracher le pouvoir aux lieutenants rebelles. Ce fut plus particulièrement Tœuvre des papes Sixte IV, Innocent YIII, Alexandre; VI et Jules n.
Cette période est très-connue. Elle a été racontée vingt fois dans ces dernières années ; nous n'en rappellerons que les traits principaux. Plûfc à Dieu que nous y pussions jeter un voile! Pourquoi faul-il que
* De Cherrier, t. HT, p. 379.