U9 ÉTAT DES PROVINŒS PONTIFICALES
à Camerino, les seconds a Fermo. Les La Rovère étaient maîtres de Sinigaglia, depuis que Jeaa l'avait reçUe en fief, Tannée 1471, de soti oncle Sixte IV. Le duclië d Urbin, le comté de Monlefeltro et la seigneurie d'Agobbio, c'est-à-dire toute la province montagneuse, entre les Marches et la Toscane^ appartenaient à GuidUbaldo de Montefeltro. Non loin de ces régions belliqueuses, dans la vallée du Tibre, les Baglioni étaient souverains de Pérouse ; les Vitelli de Città di Castello.
Dans la Romagne, Pesaro, détaché depuis 1445 de la principauté de Rimini, appartenait à la seconde branche de la maison des Sforza ; la principauté de Rimini était restée à ses anciens maîtres les Malatesli, dont le dernier, Pandolphe IV, prince cruel et débauché, la gouvernait sous la protection des Vénitiens.
C'était un des petits-neveux de Sixte IV, le jeune Octavien Riario, qui, sous la tutelle de sa mère, Catherine Sforza, possédait les deux principautés de Forli et dlmola. Quant à la province de Faenza, enclavée entre celles de Forli et dlmola, les Vénitiens s'en étaient rendus à peu près les maîtres en se faisant attribuer la tutelle du jeune duc Astorre III de Manfredi. Les Vénitiens s'étaient emparés de même de Cervia et de Ravenne.
Restaient, aux extrémités de l'État pontifical, les puissantes provinces de Bologne et de Ferrare. Jean Bentivoglio régnait sur la première, avec un pouvoir
ÉTAT D£S PROVINCES PONTIFICALES. Itô
absolu, depuis 1462; la maison d'Èste sur la seconde; depuis plusieurs siècles ^
Tous ces petits princes, ou plutôt ces tyrans, ne se rattachaient guère au gouvernement du saint-siège que par leur titre de vicaires pontificaux. Ils étaient bien réellement des souverains indépendants, et leur despotisme les rendait très-impopulaires. Tout en se posant en protecteurs des lettres au milieu de leur petite cour raffinée et corrompue, ils étaient la plupart avides et cruels. Les plaisirs des princes coûtent toujours beaucoup d'argent, de larmes et de sang à leurs peuples.
Ces familles souveraines donnaient Texemple des crimes les plus atroces ; les populations écrasées d'impôts, privées de toute sécurité, devaient considérer un changement quelconque comme un bienrait.
Alexandre VI trouvait donc le terrain singulièrement favorable à ses entreprises. Cependant, durant les premières années de son pontificat, ses démêlés avec les États italiens et avec le roi de France, Charles VIII, le forcèrent de modérer son impatience ; mais bientôt il put déployer avec une cynique audace ses plans de domination per fas et nefas.
César Borgia, son fils de prédilection, prit en mains
* V. Sismondi, t. VHI, p. 183 et suiv.