CHARLES YIII EN ITALIE
avec une habileté infernale celte œuvre de conquête intérieure. Le point de départ de la fortune de César fut un traité du pape avec l'étranger. C'était logique; la cause italienne ne devait avoir rien de commun avec la création de l'État ecclésiastique ; le pouvoir temporel des papes avait eu pour origine les libéralités des princes francs ; un roi de France en assurait la restauration.
Innocent VIII avait déjà tenté d'attirer Charles VIII en Italie, en haine de Ferdinand de Naples ; de sorte que lorsque Louis le Maure engagea Charles à se saisir du royaume de Naples, il trouva ce prince tout préparé à l'invasion.
Charles ne rencontra aucune résistance, ni de la part des princes, ni de la part des peuples.
Les princes se détestaient réciproquement ; nul sentiment patriotique ne pouvait suspendre leurs inimitiés et les unir contre l'étranger. Avant l'expédition de Charles, ces princes italiens avaient essayé de former entre eux une ligue contre les Turcs, sous le patronage d'Alexandre VI ; ils ne purent s'entendre, parce qu'au lieu d'un but national ils avaient tous une arrièrepensée dSntérêt personnel. Or ces mêmes hommes, qui avaient fait si grand bruit de leur prétendue croisade pour sauver la Péninsule des barbares, n'hésitèrent pas à ouvrir les portes à l'invasion, quand chacun put espérer de la faire tourner à son profit.
Les peuples, nous l'avons dit, étaient si las de leurs propres gouvernements, ils avaient si complètement