‹ L'ItalieChapitre 81 sur 196 · CHARLES YIII EN ITALIE · texte numérisé non relu

CHARLES YIII EN ITALIE

perdu le sentiment national, qu'ils accueillirent Charles YIII moins comme un conquérant que comme un libérateur. A Rome, tous les mécontents, et ils étaient nombreux, voyaient en lui un moyen de se débarrasser d'un pape détesté. Les ennemis personnels des Borgia négociaient dans ce but avec la cour de France ; le cardinal Julien de la Rovére tenait les fils de toutes ces intrigues. Aussi, Alexandre YI se montra-t-il d'abord peu favorable à cette intervention étrangère ; trop faible pour l'empêcher, il s'efforça d'en atténuer les effets à l'aide de sa politique tortueuse.

Cependant le prince français faisait des progrès rapides ; tous les obstacles tombaient devant lui, et il fit, sans coup férir, son entrée dans Rome. Deux fois Alexandre YI fut presque à la merci de Charles ; mais il sut faire à temps des concessions qui le sauvèrent. En somme, cette expédition tourna au profit de ses projets, en épuisant l'Italie, en augmentant l'anarchie qui déjà régnait entre les partis, en envenimant les inimitiés et les jalousies que nourrissaient les princes les uns envers les autres, en achevant de décourager les populations.

Ce fut le moment que saisit Alexandre YI pour frapper de grands coups. Son fils César comprit qu'il pouvait être maitre de la situation. Il est vrai que la

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