‹ L'ItalieChapitre 84 sur 196 · XA LIGUE DE CAMBRAI · texte numérisé non relu

XA LIGUE DE CAMBRAI

tisans de la force pour en faire une grande dale historique.

Cette prétendue charte internationale reposait sur des bases aussi vaines et aussi contradictoires que les prétentions qui s'y donnèrent rendez-\ous. Tous les principes y étaient invoqués à la fois : la légitimité imprescriptible, le droit des traités, lés convenances nationales \ selon Tintérét de chacune des puissances coalisées*

Faut-il s'étonner que le droit européen' soit devenu un chaos, lorsque le traité de Cambrai fournissait un arsenal où les prétentions les plus opposées étaient toujours sûres de trouver des armes à leur usage?

Venise lutta vaillamment contre tous ses ennemis; mais elle eût fmi par succomber, si Jules II ne lui eût à temps accordé Tabsolution. C'est que le pape jugeait le moment venu de se tourner contre les barbares; il avait voulu humilier et amoindrir Venise, non l'anéantir. Les villes pontificales usurpées par la république, Cervia, Rimini, Faenza et Ravenne, étaient rentrées sous sa domination ; maître enfin de tout TEtat ecclésiastique et réconcilié avec Venise, il entre résolument dans la troisième phase de sa politique, phase la plus glorieuse et qui, aux yeux des Italiens éblouis, a laissé sur le front de ce pape, une auréole de patriotisme.

* V. Sisraoudi, t. VHI, p.. 414el suiv.

liOLE NATIONAL DE JULES II. 1^

Jules U commence par détacher de Louis XII les princes qui faisaient partie de la ligue de Cambrai, et il s'efforce de susciter au prince français des embarras du côté de TAngleterre, Louis XII, pour résister, s'appuie sur un concile national,

Jules II lance d'une main ses foudres spirituelles, saisit Fépée de Tautre, court se mettre à la tête de ses troupes, établit son Quartier général à Bologne, dirige en personne les opérations, assiège la Mirandole au cœur de l'hiver, presse lui-même les travaux, et, pour entraîner les soldats découragés, leur promet le pilr lagedela place.

Cependant, malgré la prise de 1$ Mirandole et quelques autres succès, Tarmée du pape a un moment le dessous ; les lieutjenants de Jules sont battus en plusieurs rencontres. Vieux et malade, le pontife se redresse. Maximilien ^'était réuni à Louis XII, et les deux monarques avaient convoqué un concile général à Pise, Jules II, doublement puissant cette fois, parce qu'il parle au nom du monde catholique menacé d'un jsehisme, excommunie de nouveau ses adversaires; puis il forme avec Ferdinand le Catholique, Henri VIII d'Angleterre et les Suisses^ une alliance appelée la sainte ligue.

Le choc fut terrible. Depuis longtemps, l'Italie des condottieri n'avait vu des batailles aussi sanglantes.

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