‹ L'ItalieChapitre 85 sur 196 · ROLE NATIONAL DE JULES I · texte numérisé non relu

ROLE NATIONAL DE JULES I

L'invincible épëe de Gaston de Foix donne d'abord la victoire à Louis XII.Envain, seize mille Suisses accoururent-ils à la défense du pape. Jules, trës*compromis, est prêt à demander merci, quand la mort de Gaston lui redonne confiance.

Maximilien abandonne Louis XII et revient au pape. La sainte ligue reprend Toffensive, et, pendant que Jules II réunit à Rome le concile de Latran, les Français sont successivement chassés de la Lombardie, de la Romagne, de Gênes.

Nous n'avions pas à entrer dans le détail de ces guerres qui mirent l'Italie en feu et furent accompagnées de cruautés inouïes : — le pape était le premier à ordonner le sac des villes qui osaient lui résister. — Nous n*avons dû rappeler que ce qui était indispensable pour suivre la chaîne des événements qui aboutissent à la consolidation de la papauté temporelle.

Jules II, de même qu'il avait abattu l'orgueil de Venise, voulut affaiblir à tout jamais sa voisine Florence. Une république libre, aux portes de Rome, convenait mal à ses desseins. Les Florentins d'ailleurs avaient excité la colère du pontife en ne s'opposant pas à la réunion du concile de Pise. Le pape donna donc la main aux Médicis et les aida à rétablir leur pouvoir.

Les Français expulsés, Venise refoulée dans ses lagunes, Florence châtiée, les États pontificaux en-

iE RÊVE THÉOGRATIQUE. 157

tiërement rentrés sous la domination du saint-siége, Jules II n'avait plus en face de lui qu'un empereur, et un empereur sans valeur personnelle et sans prestige. C'est ce qu'il voulait. Il crut avoir atteint le but rêvé par les grands papes théocraties : le saint* empire rétabli, la papauté, solidement assise sur son trône temporel, faisant mouvoir à son gré le glaive de ce fantôme d'empereur. Avec cet empereur, il espérait chasser bientôt les Espagnols du royaume de Naples, et exercer sans conteste son influence sur toute la Péninsule.

Ce rêve finit avec Jules II. Et bientôt il se trouvera un empereur qui changera la face des choses et montrera que c'est en vain que la papauté a espéré sauver l'indépendance nationale de l'Italie, tout en fondant sa royauté temporelle et en se faisant un jeu d'appeler dans ce but tous les étrangers qui lui fournissaient des armes. La consolidation définitive de la papauté politique sera suivie, par une logique inexorable, de l'établissement de l'étranger au cœur de l'Italie.

Toujours est-il que Jules II est le véritable fondateur de l'État ecclésiastique. Chose merveilleuse, on est à la veille de la Réforme qui va enlever à l'Église l'Angleterre et la Suisse ; et Henri VIII sert d'instrument aux desseins de Jules II, et les Suisses sont les principaux auxiliaires pour l'édification de ce pouvoir temporel qui, selon nous, est la principale cause du schisme ! Et, chose plus étonnante encore, sur quoi s'appuie le fondateur du gouvemeiqent pontifical pour

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