LE DROIT INALIÉNABLE D£S PE6PLES
expulser de la Péninsule les princes envahisseurs ? Sur les droits inaliénables des peuples, a Le pape, après avoir recouvré lui-même ce .qu'il prétendait être ses droits imprescriptibles, ne fit plus valoir dans la seconde année de la guerre, que les convenances nationales^ rindépendance de Fltalie d'où il voulait chasser les barbares, la souvebaineté d^un peuple sur ^on propre territoire et l'avantage d une nation qui ne peut être enchaînée ni par le contrat prinlitif et peut-être, fabuleux, de ses ancêtres avec leurs souverains, ni par les traités que la force lui a imposés *. »
Arguniient invoqué sans doute par Jules II pour le besoin de la circonstance, mais qui n'en reste pas moins gravé, comme un monument providentiel, sur la base même qui supporte l'édifice de la papauté temporelle.
Que répondra le saint-siége, quand les:Romains, se souvenant enfin de leur droit imprescriptible, lui) diront : Nous ne sommes enchaînés ni par vos prétendus contrais avec nos ancêtres, ni par vos conve-. nances que la force seule nous impose depuis des siècles; nous sommes les maîtres de nos destinées, parce que nous sommes une nation, et nous revendiquons notre indépendance au nom de l'éternelle justice ?
* Sismondi, t. YIII, p. 415.