RÉVEIL DE L»ESPRIT NATIONAL
Changeant alors résolument sa politique, il voulut renverser ce qu'il avait élevé. Il était trop tard.
D'un bout à l'autre de la Péninsule Tesprit national semblait se réveiller comme aux jours des grandes luttes. Les écrivains et les hommes d'État poussaient à Tunisson le cri de délivrance ; Machiavel, jetant la plume du courtisan pour saisir celle de Tacite, faisait entendre à ses concitoyens un mâle et patriotique langage. C'est que tous avaient conscience de l'immensité du péril; on sentait, selon Texpre&sion de Giberti» ministre de Clément VII, « que cette guerre allait décider de la délivrance ou de l'esclavage de l'Italie. » L'enthousiasme exalte tous les esprits, et l'illusion comme toujours se mêle à l'enthousiasme. On espère qu'on n'aura pas besoin des étrangers pour vaincre : « La gloire en sera à nous seuls, s'écrie Giberti, le fruit en sera d'autant plus doux^ »
Mais les princes qui, depuis longtemps, avaient cessé d'être Italiens, ne comprirent pas que pour être fort il fallait évoquer les glorieux souvenirs et soulever comme une tempête irrésistible la colère des peuples. Au lieu d'éclater en plein soleil, ils jugèrent
siège romain, tant ils remarquaient chez les Espagnols un esprit de domination et d'insolence. » (Ranke, trad, de Saint-Chéron, t. I, p. 98 et 99, d'après Giberti.) * /*«</., p. 101.