‹ L'Italie littéraire et artisqueChapitre 25 sur 86 · LORENZO DE' MEDICI · texte numérisé non relu

LORENZO DE' MEDICI

ler à un roi, eut d'autres pensées à l'heure suprême; il voulut que son corps fût enseveli sans aucune pompe dans l'église de Saint-Laurent , et défendit qu'un mausolée même indiquât l'endroit où il reposerait. Mais on dit que, comme pour marquer la chute de cette illustre maison, une flèche pénétra par le milieu delà coupole et abattit la bannière avec les armes des Médicis, et que dans la môme nuit que Laurent expira, une étoile brillant d'un éclat extraordinaire se montra au-dessus de son palais, tandis que l'on vit au sommet du temple où son cadavre fut inhumé des flammes apparaître en guis» de torche funéraire.

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L est beau de voir des hommes, sortis d'une condition humble , parvenir à un rang élevé dans la société ; cela est beau moins encore par la vue des obstacles que la Fortune se plaît à leur opposer et dont ils triomphent par la grandeur de leur âme, que parce que leur exemple apprend au pauvre et à l'homme du peuple comment ils peuvent, à force de sagesse, de courage et de persévérance, acquérir une gloire que la naissance et la richesse ne donnent pas toujours.

Bern'ardo Dovizi naquit de parents obscurs àBibbiena, dans le Casentino, le 4 août 1470. Son frère Pierre, secrétaire de Laurent deMédicis, lui ayant fait avoir, presque sortir de Tenfance, un logement dans le palais, il fit de tels progrès dans les lettres et dans la philosophie, que Laurent le choisit pour précepteur de son fils Jean. Le charme et l'indépendance de ses manières, joints à une certaine conformité dans leurs caractères, firent naître, entre l'élève et le maître, un vif attachement, trop vif peut-être, puisqu'il porta ce dernier à faire marcher de front les études et les amours. Il est à présumer que Dovizi ne traduisit pas ces doctrines en règle de conduite pour son élève; mais il agissait sur lui par son exemple et lui montrait, sans le vouloir, l'art de réussir

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