‹ L'Italie littéraire et artisqueChapitre 38 sur 86 · SEBASTIANO ERIZZO · texte numérisé non relu

SEBASTIANO ERIZZO

si mou et si flasque, qu'il est impossible de les lire ou de les entendre sans tomber en défaillance. J'ai banni également sans pitié ces indignes tils de l'Italie qui semblent avoir i)ris à tâche de justifier la remarque de Gozzi : que les Italiens , avec leur manie de prendre leurs expressions chez les Français et les Anglais, arriveront bientôt à ne plus être compris qu'à l'aide des dictionnaires de ces nations. J'ai donc eu peu à prendre parmi les modernes; mais les choix que j'ai faits de Gaetano Cioxi, de Carlo Gozzi, de Guseppe Pauini, de Paolo Costa, d'ANTONio Cesari, de Galeazzo Scotti, de MicnELE Colombo, sont assez justifiés, j'espère, et par la sage imitation des anciens et par la pureté de leur diction. J'y ai joint quelques extraits de trois contemporains célèbres, Cesare Balbo, Giuseppe Taveuna et Pietro TnorAR qui consacrent noblement leurs veilles à l'instruction de la jeunesse, enseignant aux riches à ne point mépriser les pauvres , aux pauvres à ne point haïr les riches, à tous l'amour des semblables et le dévouement à la patrie. Et plût à Dieu que chaque écrivain en Italie comprît ainsi sa tâche et s'étudiât à exciter dans les âmes ces vertus civiques , qui peuvent seules sauver la patrie !

PROSATEURS

DU xir AU xvr siècle.

©iottitttni lîiUatti.

ï les biographies des anciens auteurs qui sont regardés comme les pères de la poésie italienne, portent en elles quelque utilité, il ne sera pas moins utile, j'imagine, de faire connaître au lecteur les prosateurs qui ont donné à notre langue sa grâce et sa fécondité. Peut-être en lisant les vies des écrivains du xiir siècle, serons-nous portés à étudier leurs ouvrages, ce dont nous avons grand besoin, je ne cesserai de le répéter. Au premier mg parmi eux se place Villani, supérieur à ses autres homonymes ' par la naïveté et la pureté de sa diction.

Jean Villani, né à Florence, vers 1280, d'après l'opinion la plus générale, embrassa dans son adolescence la profession de marchand, à l'exemple de beaucoup de ses noljles concitoyens, qui ne regardaient point la fainéantise comme un privilège de la naissance. Cependant il ne tarda pas à se dégoûter d'un métier où] il n "y t.viiil (jue de l'argent

On compte en effet trois historiens et habiles écrivains du nom de Villani , qui ont

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