‹ L'Italie moderneChapitre 30 sur 60 · MARINE · texte numérisé non relu

MARINE

A ce point de vue, nous ne saurions trop louer l’admission dans les concours hippiques de soldats choisis, concourant avec leurs officiers à des exercices qui établissent entre eux une fraternité militaire remplie d’avantages.

§ 1. — Entraînement militaire.

Nous approuvons pleinement aussi les cours pratiques d’agriculture que Ton commence à organiser auprès d’un certain nombre de casernes.

Le gouvernement montre un souci réel d’assurer dans de bonnes conditions l’éducation militaire. Malheureusement ses efforts sont trop souvent paralysés par l’appréhension de la démagogie parlementaire.

Il serait désirable que tout ce qui concerne l’armée soit soustrait à cette influence. Cependant on ne saurait sans injustice méconnaître que le Parlement est animé lui-même de sentiments louables à l’égard de la formation militaire de la nation. En général, il ne marchande pas les crédits qui lui sont demandés dans ce but.

Ces crédits, qui s’élèvent pour le département de la guerre à 364 millions, et pour celui de la marine à 186, constituent une part importante du budget. Ils sont, du reste, trop faibles et ne permettent pas de pousser . avec autant de rapidité

qu’il le faudrait Torganisation complète de la défense des frontières et du littoral.

L’entraînement militaire du pays a subi un véritable désastre à la suite de la défaite d’Adoua, non pas que l’échec essuyé fût par lui-même très considérable, mais il eut une répercussion démoralisatrice.

Les troupes de l’Érythrée s’étaient vite ressaisies. Le général Baldissera, qui avait succédé dans le commandement au malheureux Baratieri, télégraphiait au gouvernement, quelques jours à peine après le combat, demandant l’autorisation d’attaquer l’ennemi qu’avait épuisé sa propre victoire et répondant du succès.

Le ministère, retenu par des considérations politiques, refusa d’écouter son avis.

S’il avait été suivi, l’Italie serait très probablement devenue maîtresse de l’Abyssinie. Pouvant alors organiser cette race éminemment guerrière, elle aurait été l’arbitre d’une vaste région de l’Est africain.

Mais à ce moment, l’Italie exploitée par certains politiciens dévorés d’ambition et soucieux avant tout de se mettre en évidence, n’eut pas l’attitude désirable. Les parlementaires ne virent dans ces événements qu’une occasion de renverser le ministère et de capter quelques portefeuilles. Crispi dut se retirer du pouvoir.

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