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L’AGE DE LA SCIENCE EN ITALIE

§ 1. — Nécessité d’une délimitation entre les domaines religieux et scientifique.

Au point de vue intellectuel, la phase que traverse ritalie contemporaine est la continuation de celle qu’inaugura Galilée. C’est toujours à lui, en effet, qu’il faut remonter pour trouver nettement indiquée la séparation indispensable entre la mentalité scientifique et la mentalité religieuse.

On ne saurait trop insister sur l’importance de son œuvre. Grâce à elle, l’esprit humain put se dégager du principe d’autorité admis jusqu’alors comme unique base de la certitude. Le génial penseur démontra que, dans le domaine de la contin-

gence, elle peut s’établir par l’observation et l’expérience. ^

Avant lui, le prestige du maître imposait seul la conviction aux disciples : après lui on ne s’inclinera plus, dans Tordre phénoménal, que devant la preuve, preuve renouvelable et vérifiable par tous.

Mais en même temps que Galilée ouvrait ces vastes horizons aux investigations de la raison humaine, il leur assignait des limites infranchissables.

Le domaine de l’absolu échappera toujours, et il le sentait bien, aux argumentations rationalistes.

L’essentiel était donc, pour la science une fois affranchie, de rester soigneusement et exclusivement sur son propre domaine.

11 arriva en Italie que le clergé, d’accord avec les autorités politiques, voulut conserver à l’Église le monopole de la direction scientifique. Ces prétentions exagérées amenèrent une réaction exagérée elle aussi.

Pendant les deux siècles de passivité intellectuelle que nous avons signalés, la science demeura Tapanage de quelques personnalités exceptionnelles et ne rencontra guère d’écho.

Ce fut seulement à partir de l’invasion française qui ramenait en Italie les idées de Galilée, que le culte de la science prit un essor triomphal.

Les procédés de l’expérience et de l’observation

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portèrent des fruits abondants et ouvrirent aux esprits superficiels des espérances indéfinies qui leur firent entrevoir la possibilité de résoudre tous les problèmes de fhumanité, par une série de découvertes toujours perfectionnées.

§ 2. — - Déformation de l’idée de Galilée.

La science ne se contentait plus d’être indépendante, elle prétendait maintenant régir les deux autres ordres d’aspirations fondamentales et à mesure que faiblissait la foi religieuse, les âmes se tournaient naïvement vers la croyance scientifique, supposant y trouver une panacée universelle.

Ainsi qu’il arrive toujours, l’esprit simpliste des foules, en généralisant l’idéal primitif, le faisrU dévier dans un sens trop absolu.

Les savants eux-mêmes, pris de vertige, ne voulurent plus admettre que ce qui rentrait daps le domaine de leurs investigations.

Ainsi fut amenée la fameuse faillite de la science. Elle n’eut pour cause que sa prétention de répondre à toutes les questions et de satisfaire toutes les aspirations humaines.

Brunetière qui, le premier, avait dénoncé cette faillite dans le sens nettement déterminé que nous venons d’indiquer, fut bientôt suivi par tous ceux

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que rentraînement technique ne rendaient pas réfractaires à Tévidence.

Et bientôt la science elle-même, après tant d'admirables découvertes dans le monde du connaissable, dut s'avouer vaincue par le monde mystérieux de l'inconnaissable. Son ascension rapide vers les plus merveilleuses réalisations, le perfectionnement sans cesse croissant de ses moyens d'investigation, lui firent constater rapidement qu'il y aura toujours des bornes à son vaste empire et par là même la rendit plus tolérante.

D'autre part, les grands esprits religieux restreignent chaque jour davantage leurs efforts au développement de la foi et des vertus chrétiennes. Le conflit semble donc tendre vers l'apaisement. En dehors des sectaires, prêtres et savants restent maintenant chacun sur leur terrain.

Les Italiens qui au cours du xix® siècle s'étaient trouvés entraînés sur la^pente de l'irréligiosité, ne l'avaient pas été seulement par leurs illusions à l'égard de la toute-puissance scientifique. La préoccupation absorbante de la reconstitution de la Patrie, l'opposition que ce sentiment rencontrait dans certaines sphères ecclésiastiques y contribua également.

Cette hostilité contre les choses religieuses ne épondait cependant pas au sentiment du pays. On s'en rendre compte d'une façon éclatante, par

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