P.OME
la solitude pestiférée des environs; qu'il examine la splendeur dégradée des palais , les ruines accumulées des édifices inférieurs, l’absence totale du commerce, les efforts désespérés des restes de l’industrie, l’abattement des dernières classes, l’air satisfait des prélats, la politesse hypocrite des prêtres, les manières encore plus humbles et plus serviles des laïques , le dénuement de la multitude de mendians , et la pénurie des nobles ruinés par la mauvaise administration de leurs immenses propriétés; enfin, qu’il tourne les yeux sur tous les rangs, depuis le pape jusqu'au moine mendiant, depuis le sénateur jusqu’au mendiant laïque , et qu’il se demande à lui-même à quelle classe des citoyens romains il voudrait appartenir de préférence aux autres.
Dans aucune partie de l’Europe la tyrannie il est parvenue à régner d’une manière plus durable et plus entière que dans la ville éternelle; et la longévité dont elle se vante en accumulant sur sa tète tous les maux physiques dune existence trop prolongée, a concentré dans sa constitution toutes les imperfections sociales, les abus, les erreurs, les absurdités de l 'au ton té et de la prescription. Son misérable code ( tiré de chaque période depuis les temps les plus grossiers de la république, jusqu'aux
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derniers siècles de corruption de la fin de l'empire ; depuis la rudesse des envahisseurs du ord, jusqu'à la nullité du conclave existant ;, ce code surchargé de décisions et d’expositions , et administré par faveur ou par corruption, présente en théorie et en pratique le plus mauvais système de jurisprudence qui puisse être mis en usage dans un pays chrétien. Si une ombre de police civile se voit encore dans les murs de Rome; si quelque probité règle les transactions d'homme à homme, on doit l’attribuer aux penchans inhérens , à la constitution animale des Romains, ou à la nullité absolue de leur existence, qui amortit également les vices et les vertus individuels.
L'une des qualités les plus essentielles d'un système de jurisprudence, est la flexibilité qui le met à même de recevoir les modifications successives qu’exigent les différentes phases de li société, et de s accommoder aux divers degrés
de civilisation des peuples: cette qualité est nécessairement celle qui devait manquer le plus au code romain; car si la nature générale des institutions politiques tend au maintien de ce qui est établi . cette tendance à révérer le passé et à redouter les innovations, est encore plus éminente dans le gouvernement romain que dans tout autre. On doit mettre en limie
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