‹ L'Italie (volume 2)Chapitre 7 sur 30 · ROUTE DE ROME A NAPLES · texte numérisé non relu

ROUTE DE ROME A NAPLES

Route de Rome à Naples. — Vue des portes de Rome. — Albano. — Velletri. — Torre di Tre Pond. — Terracina. — Banditti. — Foruli. — • - Fr a Diavalo. — Itri. — Mola di Gaeta. — Capua. — A versa. — Entrée et aspect général de

Ceux qui prennent la grande route de Rome à Naples , en sortant de l’ancienne porte Saint- Jean, doivent s’arrêter pour contempler une des plus belles vues de désolation pittoresque que 1 Italie elle-même puisse présenter. Dans le fond, le puissant édifice de Latran^ la pierre fondamentale de l’Église , élève ses dômes de marbre au-dessus des ruines du temps et de la dévastation de la peste; sur le devant, la voie Appienne s’étend vers la tombe des Guriaces : dans toutes les directions les interminables arcades des aqueducs romains ruinées et couvertes des teintes verdâtres de la caducité, dirigent leurs coubures vers la capitale, et laissent voir à travers les arches, empilées les unes

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sur les autres, uu ciel d’un bleu foncé et pur. Des masses informes de terre et de marbre marquent de chaque côté de la route les sites des tombeaux , ces trophées posthumes de la vanité, produits de l'orgueil et de l'opulence patricienne, qui décorent et attristent les grandes routes romaines les plus fréquentées. On voit ensuite le desert sans bornes de la Campagne , ce tombeau des tombeaux. >~i champs, ni jardins, ni maisons n'interrompent cette effrayante solitude jusqu'à la tour ruinée de Mezza Via . la première maison de poste. On peut rencontrer par hasard un malheureux qui demande une aumône dont il n'aura pas long-temps-besoin : un voyageur revenant de V’aples,un peierin ou un paysan s’acheminant vers une châsse ou un marché; mais ce sol autrefois si fertile, cette terre si peuplée est maintenant inhabitée. Des ruines et des villas se montrent dans le lointain; mais pas un seul arbre, pas un seul épi de blé, ne paraissent dans ces campagnes où les hommes les plus voluptueux avaient érigé leurs fastueux pavillons.

Apres la poste de Torre di Mezza Via } les montagnes bleues d’Albano se dessinent sur 1 horizon d’une maniéré plus marquée, et la ville à demi peuplée dont elles tirent leur nom.

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s’étend à leur pied, couvrant de ses édifices dilapidés , les sites autrefois occupés par les somptueuses villas de Pompée et de Domitien. A gauche, les hauteurs de Castel- Gandolfo , seuls lieux où l’on retrouve la beauté et la salubrité de ce paradis des anciens, se soulèvent au-dessus de la plaine infectée. La puissance et l’Église se sont emparées de cette situation, et la villa du pape (vaste palais) et un rassemblement d’édifices religieux, couronnent les sommets des montagnes et commandent le lac : sur ses belles rives les franciscains ont un couvent précisément sur le sol où l’antique village dAlba- Longa était placé, avant sa destruction par les Romains, sous Tullius Hostilius.

Les paysans d’Albano avec leur singulier costume animent un peu cette ville, où Ion a déjà rouvert cinq couvens : notre hôte nous dit qu’ils n’étaient remplis que par des étrangers. Toutes les horreurs du moderne Latium se déploient vers la droite , les marais , le pont et la prison d’Ostia , les galériens , la mal-aria ; et l’on y voyait de plus, il y a peu d’années, les asiles pour les meurtriers sous la protection du cardinal Albano.

Après Albano on monte la triste montagne de la Riccia, couronnée par sa tour juinée, mo-

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miment plus triste encore des grandes causes qui ont produit ces terribles effets. La fiiccia (Aricia) est noire, dégradée et horrible, comme ses habitans dont les traits sont féroces et les visages hâves : les seuls édifices qui offrent un aspect moins sombre, sont le palais desChigi et la vaste église élevée en face; cependant l’un et l’autre sont dilapidés. D’anciens noms ont consacré les sites qui se présentent en quittant la ville; Lavinium, Ardea, Laurentum! mais la villa de Pline et le voyage d’Horace sont rappelés en vain. D’autres objets s’emparent des sens et obscurcissent les visions de l’imagination : le présent est plus puissant que le passé : la route à travers une campagne désolée, les huttes de paille humide et de ronces, qui paraissent de distance en distance avec des armes empilées devant elles, et les farouches visages des soldats qui se montrent à travers leurs ouvertures, et accroissent les craintes qu’ils sont destinés à calmer; toutes ces images bannissent de l’esprit les idées des antiques 1 légions romaines, en y reportant les images (tes bandits modernes, et substituent aux souvenirs glorieux des temps héroïques le sentiment pénible des dangers et de la dégradation actuelle.

La ville de Yelletri convient bien à cette

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