‹ L'Italie (volume 3)Chapitre 13 sur 34 · CÉRÉMONIES DE L EGLISE · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIES DE L EGLISE

affamés, qui sont prêts à se dédommager de icurs privations par la réplétion. Dans une de ces boutiques nous avons vu saint Paul entouré d'une gloire de saucisses; dans une autre, l'oiseau de mauvais augure de saint Pierre est suspendu avec l'apôtre qu'il a vainement averti; des madones curieusement moulées en beurre, et des Enfans-Jésus en lard sont préparés pour réchauffer la dévotion de l'homme intérieur; et tous les comestibles àe consistance plastique ou de forme malléable sont employés en décorations architecturales ou en symboles de piété.

Le jour de Pâques l'office est célébré dans Saint-Pierre, et c'est alors que l'Église montre toute sa splendeur, et déploie sa puissance < ans un site digne d'elle. La spacieuse place deSaint-Pierre, ses portiques, ses colonnades, ses belles fontaines et son étonnante façade le tout brillant sous les rayons du soled de midi, devient le théâtre de l'action. Des tentes et des draperies fantastiques s'élèvent au-dessus des murs de marbre, pour la commodue des spectateurs qui viennent en foule de tres-bonne heure se placer sur leurs sièges élevés; l'espace au-dessous est rempli par de infanterie. Les chevau-légers, avec leur brillant habit, forment une ligne en dedans; les

drapeaux romains, autrefois les bannières de la conquête universelle, ne servent maintenant qu'à décorer des pompes, et flottent à côté des couleurs éclatantes du régiment suisse. Le centre et les marches de l'église sont remplis par une multitude de personnes de la dernière classe du peuple. Les loggie , sur le portique, sont occupées par les cardinaux; et dans le milieu, soulevé au-dessus de tous sur les épaules des hommes, comme une déité à peine visible , réduite à un point par l'extrême élévation , paraît le pontife. On dit qu'il prie, mais ses prières ne sont pas entendues, et quand il se lève pour donner la bénédiction, cet acte impossible à discerner est annoncé d'une manière imposante par la grande cloche de Saint- Pierre et le canon du château Saint-Ange. Les militaires posent leurs armes et se mettent à genoux; les cardinaux lancent les indulgences de l'Église sur le peuple qui s'arrête à peine pour les recevoir, quoique chacune apporte la rémission de plusieurs années de péchés ( i ).

(i) Ce fait très-curieux a été généralement remarqué. Le peuple faisait autrefois les plus grands efforts pour obtenir ces indulgences; on se battait, on se les arrachait. Maintenant on les prend en riant, on les laisse tomber à terre. A la bénédiction , qui était anciennement reçue dans une prosternation universelle , (|ucl-

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Les tambours battent, les trompettes sonnent, la musique militaire joue, les troupes dénient, et la cérémonie finit avec le jour par Tillumination du Vatican.

De tous les spectacles offerts par la ville de Rome à l'admiration des nations, c'est le plus beau, le plus splendide et le plus étonnant. L'effet de plusieurs milliers de fusées, lancées dans les airs au même jnoment, peut aisément se concevoir par ceux qui auraient vu lancer une seule fusée; et Ton a pu voir en d'autres occasions des profusions de temples, de chandelles romaines, de roues de Sainte- Catherine également brillantes, coûteuses et extravagantes; mais l'effet de cette masse énorme illuminée

ques femmes et quelques vieillards furent les seuls qui s'agenouillèrent. La cérémonie est si peu suivie par les nobles italiens , que cette circonstance a éveillé la muse satirique de Pasquin : il répond à Marforio, qui lui demande oii il va dans son habit de cour : Au Vatican. — Mais ( dit Marforio) vous nj serez pas admis. — - Pardonnez-moi (réplique Pasquin ),ye suis devenu depuis peu hérétique. Cela veut dire que toutes les civilités sont réservées pour les étrangers , et que les cérémonies sont plutôt destinées à amuser les hérétiques qu'à édifier les orthodoxes. Pie vu a dit , comme le pape Ganganelli, à propos du rétablissement d'une cérémonie : C'est fort bien, mais réservez cela pour les Anglais.

par des myriades de lampes , les détails de son architecture suivis par les guirlandes de lampions à la première époque de son illumination , sa transformation subite, quand la seconde partie des lampions est allumée, appartiennent plutôt à la magnificence imaginaire des contes arabes qu'aux froides réalités de la vie : l'ensemble, vu de la distance de deux milles, comme nous le vîmes du mont Pincio , a quelque chose de si magique, de si aérien, de si délicat, qu'il offre peut-être le plus bel effet d'optique qui ait jamais été inventé. Le lundi de Pâques une fuite générale succède à toutes ces fêtes : Donnez-moi un cheval , mon royaume pour un cheval y est le cri qui se fait entendre. La poste et les établissemens de vetturini sont ce jour-là ce que le Vatican et Saint-Pierre étaient la veille. Les uns volent chercher le plaisir sur le cratère du Vésuve ; les autres dans les abîmes d'Herculanum ; des rendez -vous sont donnés aux ruines de Palmixe, et des parties sont arrangées pour les cèdres du mont Liban. Quelques-uns sont ramenés par leur co;ur à Florence et à Gènes; et d*autres ( à travers toute l'affectation de ï amateur d'antiquité, malgré leur admiration prétendue pour un climat qui est bien loin de tenir tout ce qu'il promet) tournent les yeux

CJéRÉMOKIE« JDE l'eGLISE. 6g

vers leur commode habitation anglaise , et , charmés d'avoir vu l'Italie, sont encore plus charmés de la quitter. On laisse les matrones romaines préparer leurs pizza cil pasqua (i), sans être dérangées par leurs hôtes tnrbulens; et l'existence des Romains reprend cette monotonie, cette indolence, ce calme que rien ne peut troubler que la mal-aria^ jusqu'au moment où le passage des hirondelles ramènera une nouvelle volée de visiteurs étrang'ors à la porta del Popolo.

Notice sur la statistique romaine.

Il est extrêmement difficile pour un voyageur qui ne fait que passer, d'obtenir des renseignemens positifs sur l'économie intérieure des états du midi de l'Italie. Les documens publics sont en très -petit nombre, et manquent absolument sur plusieurs points. Il faut gagner la confiance de quelque personne éclairée et spirituelle, qui vous aide à vaincre la réserve habituelle, l'insouciance et la timidité des Romains, avant que les questions les plus communes puissent être écoutées avec intérêt, ou qu'on y réponde avec candeur. Les arrangcmens financiers de Rome ,

(0 « Gâteaux de Pâques. »

no KOMF.

comme toutes les autres branches de son gouvernement, sont très-arbitrairement établis. Le principal impôt direct est celui qui porte sur les terres, et son taux varie en différens lieux , autant par le manque d'un cadastre que par le manque de lois sur ce sujet. ( Il n'y a point de code de finance ). La formation d'un cadastre est une des opérations dont s'occupe maintenant le cardinal Gonsalvi. Les impôts indirecis sont les mêmes qui existent dans les autres états italiens; car les taxes sont des branches de la civilisation qui prennent tout le développement dont elles sont susceptibles par l'exemple : une innovation, tentée dans ce sens , est rarement perdue pour les souverains voisins.

Tous les impôts directs ou indirects sont mis entre les mains des fermiers - généraux, qui les afferment à leur tour à des spéculateurs .subalternes; et les uns et les autres ramassent des sommes immenses aux dépens du trésor et du peuple.

Parmi diverses institutions léguées par les Français, le gouvernement papal a conservé les droits sur l'enregistrement , ceux sur le timbre , le système des hypothèques et celui des poids et mesures. J'ai déjà eu l'occasion de parler des avantagcs]de la loi des hypothèques ;

STATISTIQUr. 71

sa continuation a donné beaucoup de confiance dans l'administration du cardinal-ministre qui l'a sauvée de la liste des proscrits révolutionnaires. Le système décimal des poids et mesures est aussi très-favorable sous les rapports de l'uniformité et de la subdivision.

On a levé une taxe personnelle depuis la restauration sous le nom de focativo ( impôt sur les cheminées ) ; mais il n'y en a aucune sur les portes et fenêtres. L'air ( tel qu'il est ) n'est point taxé même à Rome : cetle source de revenus, si bienveillante , si philosophique, îa mère du typhus et de la saleté, était sans doute un bienfait réservé aux gouvernemens représentatifs. Dans le motii proprto ^ publié depuis le retour du pape, on annonce une diminution des impôts directs ; le montant total des taxes est cependant considéré comme excédant celui qui était levé sous le régime français, au moins d'un cinquième, et d'un quart dans quelques provinces. Comme il n'y a point de budget publié , il est impossible de parler sur ce sujet avec beaucoup de précision (1).

(i) Une de mes notes porte l'accroissement des taxes à soixante pour cent; mais il est presque certain qu'il y a de l'exagération dans ce calcul.

Les revenus de l'état montaient, avant la révolution, à environ vingt millions de francs ; à présent ils montent à près de soixante raillions.

La dette poblique, qui a été considérablement accrue par la magnificence ruineuse de Pie VI, a été acquittée à la révolution par la vente des biens nationaux qui ont été échangés contre le papier-monnaie , suivant son cours : ainsi le pape à son retour s'est trouvé un des plus riches souverains de l'Europe. A l'époque de notre visite à Rome, l'état se trouvait encore chargé d'une dette de huit millions sans aucune cause ostensible, excepté la mauvaise administration; et le déficit annuel était alors établi sur un million de piastres, qui font cinq millions trois cent cinquante mille francs.

Rome n'avait point autrefois d'armée permanente, excepté celle de l'Église militante ; mais à présent le pape ne dédaigne pas d'y ajouter cette maîtresse roue de l'ordre social. Les forces militaires papales consistent en un régiment d'artillerie, deux de carabiniers , ou gendarmes pour la police, un régiment de dragons et trois régimens d'infanterie; le tout au complet monte à sept mille hommes actuellement sous les armes. Les officiers supérieurs sont tous, ou très -vieux ou très -jeunes; car

parmi ceux qui ont servi sous Napoléon, un très-petit nombre a été admis dans l'armée , et la majeure partie a été mise à une sorte de demi-solde. Ceux qui ont été remis en activité, l'ont été dans des grades inférieurs (sage précaution pour s'assurer du dévouement des personnes qu'on emploie de cette manière ). Pour compléter ce tableau, il faudrait ajouter que le ministre de la guerre est un révérend ecclésiastique qui préside le conseil ou la congregazione inilitare. Il y a quelque chose de fort plaisant dans cet assemblage de mots congrégation et militaire ; mais les choses sont d'accord avec les systèmes actuels, car tandis que la cour de Rome tâche de faire des soldats de ses ecclésiastiques, les sociétés bibliques d'Angleterre travaillent à consolider l'ordre social, en faisant des vainqueurs de Waterloo.... des moines.

Pour le commandement de cette formidable armée , il ne faudrait qu'un général eji activité; mais conformément à Tesprit véritable de Tadministration moderne, le trésor épuisé maintient plusieurs brigadiers et maréchaux de camp honoraires qui sont payés par l'état pour ne rien faire, (i)

(i) C'est par les dépenses inutiles que rélablisseraenl

'7 4 ROMIT.

Dans les provinces , on entretient un certain nombre de troupes nommées gardes provinciales, quelques régimens de milice qui ne reçoivent aucune paye, et la garde nationale.

Il y a peu de choses à dire sur l'économie rurale. Le voisinage immédiat de Rome est un désert. Il n'y a jamais plus d'un sixième des terres cultivées dans la campagna , en partie peut-être à cause du mauvais air qui rend lés opérations de l'agriculture difficiles et dangeï'euses (i); mais ce mal lui-même est encore

militaire de Rome est devenu si onéreux. Le nombre des officiers généraux est toul-à-fait disproportionné avec celui des troupes j et l'uniforme et les accoutremens de la guardia nobile n'auraient pas été déplacés à un des levers de Napoléon , et pourraient même rivaliser en galons et en ornemens avec les régimens anglais les plus pimpans.

(i) Des villages entiers viennent de la Marca et de la Romagna à la Campagne pendant l'hiver et une partie de l'été. Chaque colonie a une branche différente de tra- A'ail : les unes travaillent aux vignes , les autres pour les blés , etc. etc. L'homme qui peut réaliser par ses travaux une vingtaine de piastres à la fin d'une saison, est estimé Irès-heureux. Ils se rassemblent au point du jour sur les places publiques de Rome pour louer leur travail ; et leur prix varie suivant les demandes plus ou moms considérables qu'on fait dans le moment. Ces gens ont l'apparence la plus misérable ; ils ressemblent aux pauvi-es

augmenté par la manière dont les propriétés sont divisées. Presque tout le district appartient à un fort petit nombre d'individus; ce sont les princes indolens et ignorans de la capitale : ils trouvent un revenu suffisant dans les bestiaux qu'on nourrit dans leurs domaines , et ne cherchent à faire aucune amélioration qui demanderait quelques avances d'argent , du travail et de la réflexion.

C'est une idée généralement reçue que cette classe de personnes a été très -appauvrie par la révolution; mais le fait a été extrêmement exagéré. Les principales pertes souffertes par la noblesse , ont précédé les changemens révolutionnaires, et ont été occasionnées par la baisse des fonds publics produite par les opérations de Pie vr, qui équivalait à une banqueroute absolue. Les comnnissaires français, dans la

moissonneurs irlandais, et des bandes d'enfans malpropres , qu'on appelle monelli ( petits vagabonds ) , les accompagnent. Une personne qui occupe une place trèsimportante à Rome , nous disait qu'il y avait toujours un sur dix de ces malheureux qui mourait de la fièvre j et ceux qui échappent portent sur leur visage enflé et jaune les marques du poison, dont fort peu se débarrassent complètement. Après des attaques réitérées de ce mal pendant des saisons successives, ils finissent par v succomber j en sorte qu'à la fin l'émigration entière périt.

première occupation, établirent aussi du papier-monnaie, mais en petite quantité. Pendant l'ère républicaine, les nobles se trouvèrent endettés envers la France, par des lettres de change qui étaient acceptées comme payement des contributions forcées; mais quand Napoléon eut le pouvoir en main, il rendit une partie de ces lettres de change à ceux qui les avaient signées. Ainsi donc, la principale perte éprouvée par les nobles dans le cours de ces événemens, consistait dans l'entretien des troupes qu'ils étaient obligés de loger pendant l'occupation.

Les grands feudataires ont éprouvé une diminution considérable dans leur fortune, par la suppression des droits féodaux. L'abus de ces droits avait été porté à Rome au plus haut degré : les Doria seuls tenaient à cette époque plus de quatre-vingt-dix fiefs, et le prince Borghèse presque autant (i). Par la supression de ces droits, les Doria ont perdu , diton, environ vingt mille piastres de revenus.

Cependant les grands propriétaires tiennent encore d'immenses districts : presque toutes les terres qui bordent la route de Rome à

(1) Dans la plupart de ces fiefs . le chef de la baronnie avait droit de vie et de mort sur ses sujets.

Frascati, des deux côtés, appartiennent à un seul individu. L'on ne voit pas dans tout cet espace une seule vigne , un seul épi de blé , et même la volaille consommée à Rome est apportée vivante, de soixante ou soixante et dix milles; et le peu de misérables habitans qu'on trouve dans la Canipagne , la proie de la fièvre et de l'extrême misère, vole, mendie ou meurt, suivant les chances que la destinée leur envoie, (i)

Dans ]es provinces plus éloignées, la terre plus fertile et mieux cultivée, est divisée en petites fermes, et du côté des frontières de Toscane, la campagne présente, par sa culture et les marques extérieures de bien-être , un aspect qui se rapproche de celui des états florentins. Dans les trois Légations, et partout où les Français ont maintenu une juridiction permanente , les apparences de prospérité rurale, la propreté, l'aisance qui paraissent dans les habitations et les vêtemens des paysans, sont plus satisfaisans pour l'œil du philanthrope. Mais en général, à mesure que l'on avance vers le sud, la civilisation rétrograde

(i) Voyez l'excellent ouvrage du baron Bonstetten sur le Latium, ouvrage qu'il est impossible de lire sans répandre des larmes.

tB home.

visiblement; et depuis Otricoli jusqu'à Terracina, la nature et la société se combinent pour démontrer jusqu'à quel point la constitution physique de l'homme peut résister à des causes contraires à son existence.

Notice SUT' les lois romaines.

Le cours de la justice en Angleterre est tellement régulier, l'effet de la procédure par jury et celui de l'impression et de la publicité des procédures, sont si efficaces pour produire des jugemens impartiaux, que même avec un code civil et criminel encore surchargé de formes barbares, les iniquités matérielles dans l'administration de la justice sont très-rares, très -difficiles à passer, et causent toujours un grand scandale. Quand les mots tyrannie et despotisme frappent l'oreille d'un Anglais, son imagination ne va pas au-delà d'un jury corrompu, d'un juge prévenu, d'un procureur-général arbitraire, certaines petites vexations dans le cours des plaidoiries, une déclaration des jurés fondée sur des preuves pas tout-à-fait suffisantes , et une sentence un peu trop sévère en proportion de l'offense. A ces notions familières, un peu de lecture peut ajouter l'idée vague (Xiuie lettre de cachet ou d'un mandat de finquisition ,

horribles en effet par leur nature , mais par leur violence même devant être infligés rarement, i^i)

Pour connaître le despotisme jusqu'à la moelle, pour bien comprendre comment il peut corrompre toutes les institutions sociales partout où il a pris racine, la lecture seule ne suffit point : il faut étudier sur la place ses , monstrueuses combinaisons, voir le jeu de la machine quand elle est en mouvement , et suivre par des observations pratiques les différentes nuances de maladie, les difformités innombrables, les mutilations qu'il a infligées sur la belle et excellente forme du corps social. Celui qui désire faire'cette étude aussi utile que répugnante, peut aller à Rome contempler cet abime dans lequel toutes les richesses de l'Europe se sont englouties , offrant maintenant l'image de la plus abjecte pauvreté: qu'il remarque la désolation silencieuse des rues,

(i) Les lettres de cachet, sous Louis xv, ont été, il est vrai , multipliées à ua degré effrayant (ayant été confiées à des autorités subalternes) ; mais comme elles participent de la nature de la force ouverte , elles ne peuvent jamais affecter la population entière au même point que ces indignités qui se pratiquent sous le manteau de la justice, quand les lois sont obscures et administrées arbitrairement.

8o ROME.

la solitude pestiférée des environs ; qu'il examine la splendeur dégradée des palais , les ruines accumulées des édifices inférieurs, l'absence totale du commerce, les efforts désespérés des restes de l'industrie, l'abattement des dernières classes, l'air satisfait des prélats, la politesse hypocrite des prêtres, les manitres encore plus humbles et plus serviles des laïques , le dénuement de la multitude de mendians , et la pénurie des nobles ruinés par la mauvaise administration de leurs immenses propriétés; enfin, qu'il tourne les yeux sur tous les rangs, depuis le pape jusqu'au moine mendiant, depuis le sénateur jusqu'au mendiant laïque , et qu'il se demande à lui-même à quelle classe des citoyens romains il voudrait appartenir de préférence aux autres.

Dans aucune partie de l'Europe la tyrannie n'est parvenue à régner d'une manière plus durable et plus entière que dans la ville éternelle; et la longévité dont elle se vante en accumulant sur sa tête tous les maux physiques d'une existence trop prolongée, a concentré dans sa constitution toutes les imperfections sociales, les abus, les erreurs, les absurdités de l'autorité et de la prescription. Son m isérable code ( tiré de chaque période depuis les temps les plus grossiers de la république, jusqu'aux

LOIS. 8r

derniers siècles de corruption de la fin de l'empire ; depuis la rudesse des envahisseurs du Nord, jusqu'à la nullité du conclave existant), ce code surchargé de décisions et d'expositions , et administré par faveur ou par corruption, présente en théorie et en pratique le plus mauvais système de jurisprudence qui puisse être mis en usage dans un pays chrétien. Si une omhre de police civile se voit encore dans les murs de Rome; si quelque prohité règle les transactions d'homme à homme, on doit Tattribuer aux penchans inhérens , à la constitution animale des Romains, ou à la nullité absolue (le leur existence, qui amortit également les vices et les vertus individuels.

L'une des qualités les plus essentielles d'un système de jurisprudence, est la flexibilité qui le met à même de recevoir les modifications successives qu'exigent les différentes phases de la société, et de s'accommoder aux divers degrés de civilisation des peuples : cette qualité est nécessairement celle qui devait manquer le plus au code romain; car si la nature générale des institutions politiques tend au maintien de ce qui est établi, cette tendance à révérer le passé et à redouter les iiuiovations , est encore plus éminente dans le gouvernement romain que dans tout autre. On doit mettre en ligne IV. 6

Sa Roi\iK.

de compte très-au-dessus de cette particularité religieuse et politique du gouvernement papal, l'existence isolée des dignitaires ecclésiastiques , lesquels n'ayant aucuns liens humains , ne prenaient aucun intérêt au perfectionnement de la société et au progrès des lumières. Sans familles , sans héritiers reconnus sur le bonheur desquels leur patriotisme aurait pu influer, ils ne regardaient les abus que comme des instrumens de bien-être actuel; et même quand un naturel heureux et bon ou le sentiment du devoir l'emportaient sur le pur égoïsme, l'indolence et l'ignorance de la prêtrise s'opposaient à tout effort persévérant vers les améliorations philosophiques. En addition à ces causes qui ont agi uniformément dans l'administration papale, il existe encore un autre motif qui a été mis en activité depuis la restauration; c'est la terreur de la révolution, et toutes les espérances se fixant d'après cela sur le rétablissement des anciennes institutions. Le cardinal Gonsalvi est le seul membre du conclave qui paraisse sentir la nécessité d'accorder quelque chose aux lumières et à l'énergie croissantes du peuple ; mais quand il serait livré à ses propres impulsions, il est encore trop imbu d'anciens piéjugés, et comme ecclésiastique et comme

miiiistro, pour donner à ces vues rétendue que les circonstances actuelles deuianderaieni. H n'est donc point extraordinaire que malgré SCS absurdités, ses inconvenances, ses injustices, l'ancien code ait été rétabli, et celui de Napoléon rejeté avec borreur. Le jïîotii proprio du pape, par lequel cette révolution a été effectuée a remédié il est vrai, dans quelques cas particuliers, à un ancien abus et corrigé une imperfection établie. L'abolition de la torture lionore spécialement le cardinal Gonsalvi dans son caractère personnel et politique; mais ou ses intentions ont été traversées et paralysées, ou son pencbant à faire le bien n'est pas égal aux besoins de la contrée qu'il est appelé à gouverner.

Dans le motu proprio du 6 juillet 1816, on fait la promesse de nouveaux codes, dont la compilation était confiée à trois^ ou quatre commissaires. Mais les Romains eux-mêmes n'ont aucun espoir d'amélioration par un système quelconque basé sur l'ancienne jurisprudence; et comme les commissaires ne travaillent pas avec une grande activité , il est probable que la rnort du pape et le cliangement de ministère qui en serait la suite, renverseraient tont ce qui aurait été fait, puisque (iousalvk est le seul dans tout le conclave qui

SG ROMC.

estimé excellent pour le douzième siècle, qu'il soit parfaitement approprié aux besoins et aux lumières du dix-neuvième. L'idée d'une perfection abstraite, existant dans un système de lois quelconque, est vaine et fausse : les lois , étant les régulateurs des relations sociales, doivent suivre les diverses phases de la société. Ainsi donc, quand la sagesse de l'antiquité serait aussi parfaite qu'elle est en apparence grossière , erronée et incomplète , ses résultats deviendraient chaque jour moins applicables aux besoins actuels de l'existence humaine. Ces changemens de relations sont plus particulièrement une source de dangers dans les systèmes de jurisprudence fondés sur les précédées et les interprétations. Dans les interprétations et les jugemens des cas destinés à servir de précédens, la règle qu'on suit est celle de l'analogie; dans

<i gare al privalo intéresse ed aile particolari inteuzioni. « Tal è stata la giiirisprutlenza romana in lulti i secoli. » (Delfico, Fdccj'che sul Tcro caraltere délia Giiir. Rom.) «La jurisprudence, comme elle existe dans la pratique , est l'art d'abuser des mauvaises lois dans l'administration de ja justice : l'art de transformer et de torturer le sens selon les circonstances, l'intérêt on les intentions particulières. Telle a été la jurisprudence romaine dans tous les siècles. » (Delfico Recherches sur le vrai carac- (rrc de hrJurir.pnidencc rownine.)

ce sens , on trouve deux sources abondantes d'erreurs : la première est le manque de ressemblance complète dans les faits sur lesquels l'analogie est établie; et la seconde est rétablissement de l'analogie suçdes principes tirés des lois et non de la connexion naturelle des choses elles-mêmes. Maintenant, quand les règiemens, adoptés par une société, existant dans dt»s temps très-reculés, avec une autre religion , une autre condition de propriété, un autre système militaire et fiscal, et qui souffrait en outre l'abus de l'esclavage domestique ; quand ces mêmes règiemens sont appliqués à une société chrétienne de nos jours , non-seulement les principales analogies, sur lesquelles on pourrait établir une décision, manquent absolument, mais les bases de plusieurs actes de législation doivent être obscures, sinon tont-à-fait inintelligibles. 11 est vrai qu'un certain degré de durée peut rendre des lois pins respectables; mais abstractivement parlant, le préjugé le plus légitime qu'on puisse avoir contre de tels actes est fondé sur leur antique origine.

Les principales cours judiciaires de Rome sont la sacra Rota, la Segnatura et la A. C. ou les auditeurs de la chambre. La Rota est composée de douze juges , nommés auditeurs, qui

estimé excellent pour le douzième siècle, qu'il soit parfaitement approprié aux besoins et aux lumières du dix-neuvième. L'idée d'une perfection abstraite, existant dans un système de lois quelconque, est vaine et fausse : les lois , étant les régulateurs des relations sociales, doivent suivre les diverses phases de la société. Ainsi donc, quand la sagesse de l'antiquité serait aussi parfaite qu'elle est en apparence grossière, erronée et inconqilète, ses ré.sultals deviendraient chaque jour moins applicables aux besoins actuels de l'existence huu.aine. Ces changemcns de relations sont plus particulièrement une source de dangers dans les systèmes de jurisprudence fondés sur lesprécéde.'iset les interprétations. Dans les interprétations et les jugemens des easdestiuis ;i servir de précédcns, la règle f[u'<)U suit est (•elle de l "aualogie; dans

« carp al niivato iiitrrcssr od allô partirolan inleii/ioiii » Tal c stata la giurispriulcn/a roiiiaiia m hilli i sccoli. » (Dei.FICO, Ixicerchc Mil veto laniltcrf ihlLi dur. Roru.) «La iiirixpriulciu p , coimiic «'Ile existe dans la j)ralinup, est r.'ul (i'al)ii'.rr (!( s iiiauvaisfs lois dans radiiiiiiistralioii d(j la jusiico : lait de ti aii>l()niuM- cl do loi Uirrr le sens srioti 1rs cire mslaïuos, l'iiilrirt on los iiilcntioiis parliculitTPs. Telle a elc la jiMispriidcnro romaiiio dan.s tous les .siècles. •> (DlJiHo lirrhcrrhrs sur le rrni cai'ni- Ovc (Iv l-^Juri-ynidint '' rormiinr )

ce sons , on Irouve deux sources abondantes^ d'erreurs : la première est le manque de ressemblance complète dans les faits sur lesqneis l'analogie est établie; et la seconde est rétablissement de l'analogie su\' des principes tirés des lois et non de la connexion naturelle des choses elles-mêmes. Maintenant, quand les règlemens, adoptés par une société, existant dans dos temps très-reculés, avec nne antre religion , une autre condition de propriété, un autre système militaire et fiscal, et qui souffrait en outre l'abus de l'esclavage domestique ; quand ces mêmes règlemens sont appliqués à nne société chrétienne de nos jours , non-seulement les principales analogies, sur lesquelles on pourrait établir nne décision, manquent absolument, mais les bases de plusieurs actes de législation doivent être obscures, sinon tout-à-fait inintelligibles. 11 est vrai qu'un certain degré de durée peut rendre des lois plus respectables; mais abstractivement parlant, le préjugé le plus légitime qu'on puisse avoir contre de tels actes est fondé sur leur antique origine.

Les principales cours judiciaires de Rome sont la sacra fiota, la Segnatura et la A. C. ou les auditeurs de la chambre. La Rota est composée de douze juges , nommés auditeurs, qui

s'assemblent les lundis et les vendredis au Quirinal , et siègent quatre par session. Les plaidoyers publics ne sont pas permis devant ce tribunal; mais trois jours avant l'appel de la cause, des dociynens imprimés sont délivrés aux auditeurs à leur domicile; et le jour précédent, les défenseurs vont chez les juges pour les instruire des détails de l'affaire. Les auditeurs votent en secret; et s'ils sonë divisés d'opinions, deux et encore deux autres auditeurs sont ajoutés : si la même égalité se trouve dans les votes, l'affaire est portée devant les douze; et pour éviîer le rnéme inconvénient, [e ponente ou le juge-qui a conduit le procès est privé de sa voix. Mais, même dans ce cas , la sentence n'était pas regardée comme définitive avant la révolution. Si la partie perdante n'était pas satisfaite, elle pouvait demander un nouveau procès devant le même tribunal, et encore, et encore aussi long-temps que la bourse et la patience des contendans n'étaient pas épuisées. Il est arrivé qu'une même affaire a été ainsi jugée plus de vingt fois, et que le plaigiiiint et le défendeur ont été plaider leur grande cause dans l'autre monde, avant d'avoir obtenu dans celui-ci une sentence définitive. L'une des réformes introduites par \e proprio rnotit consiste à établir que deux son-

tences coïnculenles doivent être considérées comme définitives : un cas ne peut plus alors être jugé au-delà de trois fois.

Les auditeurs de la Rota sont prélats exofficia; mais il n'y a ni âge ni qualité particulièrement exigés pour remplir cet emploi. Il n'y a pas très-loiig-temps qu'un individu de vinot ans sié^jeait dans ce tribunal. C'est un fait très-extraordinaire que l'élection de ces audi- ^urs n'appartienne pas exclusivement au pape ou à son gouvernement, mais aux gouvernemens de plusieurs états étrangers. L'Allemagne en nomme deux; le Portugal, fEspagne , la France et Florence en élisent chacun \\n. Quelques autres états Italiens en nomment un également, et Rome n'en a que trois de son choix. Le pape retient cependant le droit de confirmer ces élections; mais il est rare qu'il risque de s'opposer directement à la volonté de ses enfuis spirituels. Le but de cette institution dans l'origine se rapportait à la juridiction suprême que les papes exerçaient autrefois sur les trônes de l'Europe, et l'appel qui se faisait en cour de Rome , en cas de débats avec des nations étrangères. Des élections semblables devaient nécessairement dépendre de la faveur plutôt que du mérite; les auditeurs sont donc rarement des légistes

go ROME.

très 'profonds : ils se déchargent ordinairement des affaires sur certains jurisconsultes qu'ils appellent leurs auditeurs , et qui vendent, diton, leur opinion au plus offrant. Quand une sentence définitive a été obtenue, elle devient précédent, et on l'ajoute aux soixante volumes in-folio qui font partie de la législation actuelle.

La Scgiiatura remplit les fonctions de cour d'appel supérieure. Cette cour consiste également en douze juges, qui siègent tous les jeudis dans le palais de Monte Cavallo. Ils jugent par six, et le plus âgé les préside. L'appelant a le droit de choisir la session par laquelle il veut être jugé. L'objet de cette division des juges est l'expédition du travail; car comme ils ne doivent pas entendre plus de vingt causes par audience, leur faculté de procéder est ainsi doublée. Les douze s'assemblent dans la même salle, et ils sont présens aux procédures les uns des autres. La Segna' ^«/■« a juridiction sur tous les tribunaux inférieurs, et peut annuler leurs décisions, quand il y a eu quelque défaut dans les citations, une erreur de juridiction ou de mandat ; mais les moyens de cassation doivent être exprimés dans l'appel. Le procès est alors renvoyé au premier tribunal ou à la Rota^ ou à la A. C.

LOIS. gr

Comme cette cour est inférieure à la Rota en dignité, elle l'est aussi en savoir; mais ne jujieant que des appels, et n'entrant point dans le fond des procès, rignorance des juges entraîne moins d'inconvéniens. Les débats de la Segnatura sont privés.

La cour A. C. ( atchè ) est composée de trois juges qui sont prélats. Ils sont, en quelque manière, présidés par une quatrième personne qui porte le titre de A. C. Met. { atchèmet ou auditeur camerœ metipse ). C'est im prélat placé sur la ligne directe du cardinalat, et il est censé représenter le cardinal camerlingo, originairement le seul juge des matières contentieuses à Rome. Ce tribunal juge en première instance toutes les causes dont les sujets sont au-dessus de huit cent vingt-cinq écus; et par appel, celles qui sont au-dessous. Les audiences sont publiques, et sont tenues sur le mont Cilorio ; \q?, piocureurs peuvent défendre leurs parties.

Le mode de procédure de cette cour est embrouillé au-delà de toute idée , et il offre aux débiteurs de grands moyens d'échapper aux poursuites de leurs créanciers. La multiplicité d'actes, de citations, de papiers nécessaires à produire, fait qu'il est presque impossible de ne pas oublier quelque forme dont la

négligence invalide tout le procès. Il fautajouter encore à l'inconvenance des lois, à l'ignorance di'S juges, et aux défauts de la procédure , l'opération des bulles pontificales, des privilèges , des droits des églises , et plusieurs autres exceptions qui sont moinsnombreuses qu'elles ne l'étaient avant l'abolition des droits féodaux, mais qui le sont encore assez pour entraver la marclie de la justice, et former un. labyrinthe inextricable à tout, excepté à l'or et à l'autorité.

On ne peut rien savoir des procédures criminelles, puisqu'elles sont toujours conduites dans le plus grand seCret. I^e gouverneur de Rome préside les audiences qui sont tenues dans le palazzo di hiion governo (i). Pendant qu'on s'occupe de compléter le nouveau code criminel, les prévenus sont jugés d'après celui qu'on appelle /»rt/2<^o Serbelloni ^ composé par le cardinal de ce nom, système horriblement sanguinaire. Par ce code, un vol montant à la valeur d'un écu, une insulte publique faite à un prêtre, des ordures placées devant une église, entraînent la peine capitale. Le gou-

(i) Le jour de noire départ de Rome le gouverneur avait pris la fuite , parce qu'il était accugé de faux et de péciilat.

verneur a cependant le pouvoir tic changer la sentence à sa volonté; et comme il ne peut la rendre plus sévère, il ne fait jamais que la mitiger. Le gouverneur a aussi le pouvoir d'infliger arbitrairement certaines punitions corporelles, telles que le fouet ou le cavalettOy la prison , les travaux forcés pendant un an, et tout cela sans qu'il y ait une ombre de procès. Il peut faire arrêter sans donner aucune raison de cet acte d'autorité.

Sous le gouvernement français on avait remédié à la plus grande partie de ces abus , mais les anciens maux sont revenus avec l'ancien gouvernement. Cependant quelques changemens favorables ont été faits par le vroprio motu dans l'arrangement des tribunaux, entre autres l'établissement d'un défenseur public pour les accusés. Les prévenus ne sont pas obligés d'accepter cet avocat ex ofjlcio , mais ils'peuvent en choisir un parmi ceux qui sont sur le tableau des avocats plaidans devant la cour. Le cardinal Gonsalvi a aboli avec les autres tortures celle de la corde, horrible manière de disloquer les bras , en leur faisant soutenir tous le poids du corps dans une descente arrêtée tout à coup. Il a également amélioré le système de police, eu licenciant les sgherri et en établissant un corps de carabi-

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niers; ceux-ci cependant ont encore, coiiime leur prédécesseurs, le pouvoir d'arrêter qui d leur plaît.

L'on assure que l'inquisition n'est plus aussi formidable qu'elle l'a été, et que sa juridiction se borne aux prêtres réfractaires ou à ceux qui ayant avancé des doctrines hérétiques ou suspectes, ont besoin d'élre rétablis dans la pureté de leur foi par des admonitions paternelles : on ajoute de plus, que la discipline de ses prisons est maintenant si adoucie, que la nourriture et le logement y sont beaucoup meilleurs qu'un prêtre de paroisse ne peut ordinairement se les procurer. En effet, une chose fort remarquable dans l'état romain , c'est que la douceur de l'administration est en proportion de la perversité des lois : cela tient d'abord à ce que TÉglise a un caractère de bénignité à soutenir, ce qui n'existe point dans les autres gouvernemens; ensuite il y a une certaine indolence, une certaine mollesse dans ses mouvemens qui ne permettraient aucunes mesures décisives; de plus, la crainte de l'opijiion publique donne à toutes les opérations de l'état une apparence de timidité et de prudence plus qu'ordinaires , rien n'étant plus redoutable pour lui que le scandale. On peut dire encore que les dispositions tranquilles et

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insouciantes des citoyens rendent la sévérité politique moins nécessaire que dans tous les autres de.<:poti^mes.

A l'égard des honoraires des officiers judiciaires, par le dernieT proprio molu , les juges doivent recevoir un salaire fixe ; mais les frais de justice qui n'ont pas été supprimés doivent être versés dans le trésor public. Il est difficile de connaître le montant de ces appointemens. A Bologne, les juges ont environ mille écus par an.

Tous les cas concernant le revenu public, la contrebande, sont décidés par les tribunaux criminels du cardinal camerlingo et du trésorier, qui sont en même temps juges et parties. Les restrictions sur le commerce sont nombreuses et oppressives, principalement à l'égard des livres; et les mêmes mesures fiscales qui isolent les autres états d'Italie et bornent l'industrie de leurs habitans à la sphère de leurs propres territoires , subsistent également à Rome.

(j6 ROUTE DE ROME

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