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préférant toujours le cabinet du secrétaire, qui ressemble davantage à la chambre à coucher de son palais de Naples. Il n'a rien ajouté à l'ameublement qu'un grand crucifix.
Dans un grenier de ce palais, tous les portraits des familles Murât et Bonaparte sont entassés avec des chaises brisées et des tables vermoulues ; mais il se trouve là uncice/one qui s'attend à recevoir un salaire, pour montrer ce grenier, égal à celui qu'il pourrait espérer en montrant le Muséum de Portic^i. Ce musée, si souvent décrit et si digne de l'être par ceux qui peuvent rendre justice à ses mérites , quoiqu'il soit à présent dépouillé de ses anciens bronzes qu'on voit dans le musée Bourbon à Naples, contient encore plusieurs centaines de tableaux à fresques pris dans les ruines d'Herculanum, Pompeii et Stabbia. I^es couleurs de ces antiques peintures , qui ont été enterrées dix - huit cents ans, sont d'une merveilleuse fraîcheur. L'une d'elles m'a frappé plus particulièrement, c'est une SapJto : son style est pressé contre ses lèvres, et ses tablettes sont ouvertes devant elle. Cette figure décorait probablement le cabinet de quelque dame savante de Pompeii; car plusieurs des tableaux, qui étaient restés à leur place, étaient évidemment appropriés aux pièces qu'ils ornaient.
A un mille de Portici est la villa de la feue reine : cette maison si connue sous le nom de la Favorita. Dans la seconde fuite du roi de Naples en Sicile, comme cette villa était la mieux fournie de toutes, la reine en emporta tous les meubles avec elle; mais ils sont maintenant réinstallés après vingt ans d'usure. A chaque fauteuil déguenillé , couvert en damas français ou en calicot anglais , le custode àe la Favorita ait avec emphase : Ha fatto ilvinggio di Sicilia ( il a fait le voyage de Sicile ).
LaFavorite est un édifice très-ordinaire, dont l'ameublement est commun, misérable, et qui n'offre rien de neuf et de magnifique, excepté un beau lustre de cristal fait à Naples , et dernièrement suspendu dans la salle de bal. Ce qui ajoute à la singularité de cette habitation ( mais non point à son agrément), c'est que le Vésuve s'élève si directement au-dessus d'elle, qu'il nous semblait que la lave allait être poussée jusque dans les fenêtres pendant que nous y étions; car le volcan était alors dans une grande activité, et même une petite secousse de tremblement de terre se fit sentir cette nuit à Naples.
Pendant tout le temps que nous avons séjourné dans celte capitale, la montagne, sans déployer cette fnrie qui aurait ajouté les alar-
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mes à radmiration , était suffisamment active pour exciter un intérêt continu. Sa montée commence à Portici , où les voitures sont abandonnées pour des mules. Le chemin est rude , mais pittoresque, et l'on découvre fréquemment des vues de Naples ou de la baie, de la plus grande beauté. Quand on s'élève davantage, la route est plus souvent partiellement couverte de laves, produits d'anciennes éruptions, qui passent comme des noirs et impétueux torrens à travers les vignobles. Nous vîmes dans un endroit un petit espace enfermé entre deux rivières de lave et où la végétation n'avait pas été détruite; c'était YOasis du désert. Après avoir passé l'ermitage où des prières et des provisions, des litanies et du lachryma Cliristi sont préparés pour les voyageurs aventureux par deux moines franciscains qui habitent là constamment; une plaine étendue , noire et couverte des vagues des anciennes laves, conduit à la base extérieure du cratère. Là, on quitte les mules, et le reste du voyage se fait à pied. Le guide prend la bride de sa mule, la tourne autour de son corps, donne l'un des bouts à tenir au voyageur, et le tire après lui sur une montée presque perpendiculaire, en partie formée de lave, en partie de sable mouvant. Il faut une
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heure et demie pour monter, et Von descend en peu de minutes. En arrivant au sommet, Ton aperçoit assez près le grand cratère lançant par intervalles des pluies de pierres avec un bruit effroyable, qui nous invita à nous tenir à une distance respectueuse; et tournant à droite sur le revers de la montagne, nous cherchâmes une ouverture latérale qui vomissait dans ce moment un torrent continuel de lave. Pour parvenir à ce but , nous traversâmes inie grande surface ressemblant à une mer qui aurait été congelée dans le moment d'une agitation orageuse : des masses énormes de scories couvraient le terrain , et leur chaleur était parfois assez forte pour être pénible à supporter. En parvenant à l'endroit désiré, qui , peu de jours avant, était un feu liquide, et d'où la fumée et des vapeurs sulfureuses étaient émises par des bouches nombreuses, nous nous trouvâmes tout à coup , en tournant un angle , en face d'un groupe de dandies anglais des deux sexes, et de notre connaissance. Les dames avaient des habits légers, quine s'en trouvaient pas mieux de l'aventure, et tous riaient, babillaient et coquetaient sur l'abîme, dont la lave sortait en bouillonnant à quelques pieds audessous d'eux. Cette rencontre était fort plaisante , mais elle était provoquante : voyager si
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loin , endurer tant de fatigues , quitter toutes ses habitudes journalières de repos et d'aisance, dans le vain espoir d'éprouver une sensation forte et nouvelle (le seul enchantement qui soutienne l'existence), de voir la nature soHtaire et sublime dans les progrès imposans d'un de ses plus profonds mystères, et se trouver désappointé de tout cela en rencontrant un réchauffé de la partie du théâtre Saint-Charles de la veille, et des visages qu'on a pu voir tous ]es jours dans les cercles de Paris, pendant le précédent hiver , sans se donner la moindre peine pour les chercher ! C'était un grand sacrifice à faire du sublime à l'agréable; car, après tout , il n'était point disgracieux de contempler ces belles Anglaises conduites par une louable curiosité , et une fermeté de caractère qui n'appartient qu'aux femmes de cette nation, surmontant la fatigue , bravant le soleil qui hâlait leurs joues fraîches, et la lave qui brûlait leur chaussure et brisait leurs pieds délicats. Cependant l'intention de notre pèlerinage ne pouvait plus être remplie; l'esprit cherchait en vain à se reporter à son objet terrible et majestueux; sa vue ne faisait éprouver aucune impression profonde. En vain les yeux se fixaient sur la croûte mince et tremblante qui sert de voûte au cratère , et qui sépare le
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Spectateur (Viin abîme do flammes. L'imagination était détournée par les questions polies, les complimens, les reconnaissances qui se mêlaient au murmure profond et souterrain du volcan ; des parties pour les jours suivans étaient arrangées sur les bords d'un gouffre qui pouvait amener une destruction prochaine; et la surprise la plus fortement exprimée était celle de se rencontrer d'une manière si inopinée.
Le Vésuve est un trésor inépuisable pour le géologue; et il est singulier d'observer que les produits actuels de la lave ne sont point les mêmes que ceux des anciennes éruptions.
Quelles que soient les informations nouvelles que ce sujet puisse fournir , le monde savant doit les attendre de sir H. Davy, qui, avec son zèle accoutumé pour les sciences naturelles, a fait des visites réitérées à cette montagne. Le signor Monticelli , secrétaire de l'Académie royale des Sciences, est possesseur d'une collection de produits volcaniques, très-précieuse et très-étendue, dont les géologues peuvent tirer de grands avantages. Les demi-savans , ceux qui veulent se mêler de tout, peuvent acheter à Portici des échantillons suffîsans pour donner une idée générale des traits les plus remarquables des formations volcaniques.
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La ville de Pompeii est maintenant révélée à la vue, non plus cachée sous une voûte de cendres et de vignes, et imparfaitement découverte, mais éclairée par ce même soleil qui brillait sur elle un moment avant le mouvement convulsif qui enterra des milliers d'êtres , et porta la destruction dans ses murs par des pluies de feu. Parmi tous les grands monumens de l'antiquité, on ne voit rien de comparable à cet exemple de l'architecture domestique, du bien-être intérieur, de lexistence civile des anciens. La ville de Pompeii, après environ dix-huit cents ans d'inhumation, est ouverte et déblayée, et l'on y entre comme dans toute autre ville de l'Italie, excepté que le cri de nienle per la doganal ne vientpas frapper l'oreille de l'étranger, etque ses yeux ne sont point choqués à l'aspect de la police des barrières et de la gendarmerie (i). Les rues de Pompeii sont des pas-
(i) L'entrée de la ville est en effet la sortie , car c'est la dernière partie que les ciceroni montrent aux curieux. C'est une longue avenue pavée, bordée des d'eux côtés d'une rangée de tombes très-serrées. Des gravures qui représentent très-exactement cette scène sont assez communes en Angleterre ; mais il serait difficile de donner une idée fidèle de l'effet moral qu'elle produit sur le voyageur, quand il la contemple assis sur l'un des bancs de pierre, dans les niches que les anciens avaient pia-
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sages étroits, si étroits, qu'aucune voilure moclerne ne pourrait y passer, quoiqu'elles portent les inarques de roues. Elles sont bordées par les façades de petits bâtiinens trèssimples, exactement semblables aux maisons italiennes du moyen âge. Quand on a passé la porte qui donne sur la rue, on voit une petite
cées le long de la route. L'ordre des associations est ren- ^Tefsé dans ce spectacle de désolation j et les tombeaux, qui indiquent le cours régulier de la nature , sont luoins effravans et moins mélancoliques que les habitations des vivans renversées et dispersées par une violence accidentelle. Les monuniens ainsi placés par les anciens dans les lieux où ils attiraient journellement les yeux du peuple , remplissaient mieux leur objet que ceux des modernes, qui , renfermés entre les quatre murs d'un cimetière éloigné, semblent élevés pour l'oubli plutôt que pour le souvenir. II est cependant difficile de décider quelle est celle de ces deux pratiques que l'on devrait préférer. L'ostentation a une grande part à réclamer dans ces ouvrages de la piété ; et la sagesse qu'il peut y avoir à encourager ou à exclure des idées qui n'ont plus aucunes relations avec les choses existantes, doit être laissée à déterminer à la sensibilité ou à l'épicurisme du lecteur.
A l'époque de l'éruption qui détruisit Pompeii , un tremblement de terre contribua à renverser les édifices. L'apparence des rues est celle d'une ville détruite par un incendie ; les étages les plus bas sont les seuls qui ne soient pas endommagés.
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cour (le moderne Coi tile de Florence et de Rome); elle est entourée par une rangée d'édifices divisés en petites chambres séparées , généralement moins grandes que les cellules d'un couvent. Les murs de ces petits cabinets sont très-souvent peints à fresque, et les oiseaux, les quadrupèdes, les fleurs, y sont parfois très-bien exécutés. Le pavé des plus grandes et des plus belles maisons est en mosaïque de plusieurs couleurs; mais à l'exception dil bâtiment supérieur, appelé maison de Sallusle (i), nous n'avons vu dans aucunes, des chambres assez grandes pour contenir un lit anglais. On voyait presque toujours au milieu de la cour une fontaine de marbre ou une citerne. Plusieurs des maisons ont des boutiques sur la rue , dont l'enseigne est taillée dans la pierre au-dessus de la porte. Dans une boutique de laitage , le comptoir et les places des terrines étaient restés ; une boutique d'apothicaire était autrefois désignée par ses contenus, qui ont été transportés au musée, et un lieu
(i) Cette maison est située dans une des rues les plus spacieuses, et elle est comparativement grande; elle a un cabinet dojit le pavé mosaïque est d'une beauté exquise. Je crois que c'est là que nous avons vu une cuisine bien complète.
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de rafraîchissement public nous fut montré et désigné par l'un des gardes, sous le nom de café (i). La conséqut^nce qu'on doit tirer de la petitesse et de Tinconimodité des maisons particulières, c'est que les anciens, ainsi que les habitans de Rome et deNaples, vivaient beaucoup hors de chez eux, et que le Forum, le Temple et le Cirque, les dispensaient d'avoir un logis agréable. Le Forum excepté (2), l'existence des Italiens de nos jours se compose également du Cours, de l'Église et de l'Opéra. Les lieux publics de Pompeii forment un contraste frappant avec la petitesse et la simplicité des édifices privés. Plusieurs monu-
(1) Un voyageur moderne ajoute que les marques des tasses à café sont encore visibles. Cette remarque nous a été faite aussi par notre guide , qui est peut-être l'auteur original de l'oJjservation.
(2) Les Forums sont spacieux et parsemés de colonnes brisées et de fragmens de sculptures. Dans l'un d'eux, nous trouvâmes tous les ouvriers assis sur des blocs de juarbre ou sur de petites brouettes : c'était l'heure de leur dîner, et ils mangeaient du pain et des fruits. Le nombre d'hommes employés à ces travaux est fort petit. Le chef d'atelier nous dit que Murât employait ordinai-» rement une légion de soldats aux fouilles; ce qui montre comment il se trouva plus do besogne faite dans un petit nombre d'années, qu'on n'en avait achevé pendant un demi-siècle.
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mens de la première classe, quoique dilapidés et privés de leur toit, donnent une idée parfaite de leur état et de leur arrangement primitif. Dans le temple d'Isis, le sacrifice semble venir de s'achever à l'instant même; et si ce n'était que le sanctuaire est maintenant ouvert aux profanes, il es! précisément comme il était dans le moment terrible où la nature renversa les imposteurs qui dégradaient (i) les victimes de leurs tromperies, en les forçant à croire que le sacrifice d'une vie innocente pouvait apaiser la colère de la Divinité! la Divinité en colère ! Si l'autel n'est pas taché du sang des victimes, si les inslrumeifs du sacrifice ne sontpas encore épars sur ses marches, si les dieux ( les saints de ces temps) ne remplissent plus leurs niches, si le candélabre et la lampe ne brillent plus sur les superbes colonnes doriques , ce changement n'est point fouvrage du temps ; le temps les avait laissés comme ils ont été
(i) En déblayant ce temple, on trouva les squelettes de deux prêtres qui s'occupaient probablement de leurs fonctions sacrées quand la pluie de cendres les surprit. Les lampes, etc. etc. dont le temple abondait, et les statues de Vénus, de Bacchus et des autres divinités inférieures ont été enlevées , et le tout est nettoyé avec tant d'exactitude , qu'il semble qu'une ménagère anglaise y ait passé.
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trouvés , scélés hermétiquement et parfaitement conservés; même les prêtres étaient à coté (le l'autel, en habits de moines (i) (les franciscains ou les dominicains de l'ordre d'Isis), et le lotus fleurissait, et ïibis jouait sur les murailles comme dans les temps où les genoux pliaient dévotement devant eux, où ils étaient sacrés comme le lis de saint Joseph ou le lion de saint Marc. Mais les meubles de la maison magistrale, les ustensiles sacrés des temples, même les pavés du Forum , ont été enlevés de cette grande et parfaite relique que le temps et la nature avaient léguée à la postérité. Si l'on eût laissé une seule maison meublée, un seul temple fourni de ses accessoires , une illusion qui aurait valu mille réalités eût été conservée, l'imagination aurait pu se transporter à des siècles qui ont passé comme ceux qui précédaient le déluge; et Ton aurait pu effectivement occuper le siège sur lequel Pline s était reposé, ou se regarder dans le miroir qui avait réfléchi le beau visage de la patriote Eumachia. (2)
(i) Quelques portraits de prêtres en grands habits pontificaux ont été trouvés peints sur les n> "ailles^ leur tonsure et leur robe de laine ressemblent exactement au costume monastiijue.
(2) Nous avons eu la singulière bonne lortune de yisi-
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Les enthousiastes des arts et de l'antiquité ont peu d'occasions d'éprouver des sensations plus agréables que celles que produit l'entrée du Miiseo Borbonico ^ après une visite à Pom-
ter Pompeii au moment où l'une de ses plus belles statues venait d'être découverte et déterrée : elle était sur la place ou on l'avait retirée de la terre , sans qu'elle ent éprouvé le moindre dommage , et soutenue par un établi de bois sur lequel on devait la transporter au Musée de Naples. L'inscription trouvée auprès d'elle annonçait que c'était la prêtresse Eumachia , dont les généreuses donations à sa ville natale étaient déjà bien connues et attestées par des inscriptions (*). Il était impossible de voir rien de plus beau que le visage (qui devait faire portrait), et la taille était pleine de grâce et de majesté. Il est remarquable que sa drajjerie est légèrement teintée de rose. M. de Sommariva avait été encore plus heureux que nous; il s'était trouvé là quand l'instrument d'uu ouvrier se trouva tout à coup en contact avec la tête, et il fut témoin de tout le procédé de l'excavation. Il nous assura que cela lui fit une très-grande sensation; et je le croirais facilement , même d'une personne moins enthousiaste des arts. C'est sur ses représentations qu'on a renoncé au transport de la statue. Elle est maintenant placée à couvert précisément sur le lieu oii on l'a trouvée.
(*) Nous avons copie l'une de ces inscriptions , qui avait été nouvellement découverte. Elle est répétée en grosses lettres autour de la frise magnifique d'un autre bâtiment :
Eumachia L. F. sacerJos. D. publ. nomine suo et M. IVumistr. frontoais fin. Chalcidicum , Cryptuni porticus conconhœ -^higuitœ pietati) iua pequniafecit eadem, dedicai^it.
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peii; quand on marche à travers cette suite de pièces spécialement consacrées aux reliques de ces cités englouties par le Vésuve, et qu'on appelle la galleria di Pesto^ di Pompeiiy Pozzuolij etc. ^ etc.
Cette collection présente des séries d'objets dans lesquels l'histoire est enseignée par des formes matérielles , et le degré précis de civilisation auquel les anciens étaient parvenus, indiqué avec bien plus de précision par les détails de leur cuisine, de leur salle de festin et de leur toilette, que par les lettres familières de Cicéron et de Pline, et par toutes les ruines et tous les gravois de Rome. Là, rien ne manque à la suite des renseignemens laissés à la postérité, excepté la génération qui jouissait de ces objets élégans et utiles , et qui semble avoir été enterrée vive exprès pour conserver aux races futures ces modèles précieux. Une convulsion de la nature telle que celle dont les malheureux habitans de Pompeii et d'Herculanum ont été victimes, pouvait seule préserver des souvenirs aussi complets de leurs mœurs et de leurs habitudes, à travers les dixhuit cents ans qui les séparent de nous.
La première pièce de la galerie contient des ustensiles qui paraissent avoir appartenu à des maisons bien montées. La batterie de cuisine
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française ne semble pas avoir ajoutéune seule casserole à ce magasin gastronomique de Tantiquité. Depuis Télégante saucière de l'amphitryon parisien, jusqu'à la vaste turbotière de l'alderman anglais, tous les articles culinaires se retrouvent dans ces débris des cuisines de Pompeii : la destination spéciale de ces vaisseaux est évitlenle; et leur travail laisse bien loin en arrière les efforts du luxe moderne. Les passoires, les tamis, les marmites, les chaudrons, les poêles, sont presque tous en bronze et en métal fin ; plusieurs paraissent avoir été argentés en dedans, et les anses avaient des formes si parfaites, que chacune d'elles pouvait fournir à des hommes de goût la matière d'une dissertation. A la cuisine, succédait les contenus du buffet, les couteaux, les fourchettes, les cuillers , etc. ; l'urne pour contenir l'eau , dans laquelle une place était ménagée pour la chanffer, était d'une beauté inexprimable, et aurait pu embellir la table à thé la plus recherchée. Un poêle, véritable anticipation des découvertes de Rumfort, combine la grâce de la forme avec l'économie, et sa construction est infiniment supérieure au brasier italien moderne (i) : il était probablement placé comme
(i) Ce poêle représentait une forteresse avec une
ce dernier, au milieu de la pièce. La sonnette de la maison est non-seulement dun travail exquis, mais le son en est clair et argentin; les balances sont précieusement travaillées, et les poids sont moulés en bustes très -beaux. Plusieurs plats de bronze, argentés, parfaitement modelés, avec des anses qni s'adaptaient à des ustensiles avec lesquels on les tirait à. soi ou on les éloignait, prouvaient 1 heureuse organisation d'un peuple qui, jusque dans les détails les plus minutieux de la vie, cherchait à satisfaire sa vive et brillante imagination.
La chambre adjacente offrait des objets encore plus somptueux et plus ingénieux, tirés des plus beaux appartemens privés ou des temples. Ceux qui se distinguent entre les autres sont des lampes, dont les formes et les ornemens varient à l'infini Quelques-unes, ainsi que d'autres jouets, devaient appartenir à la chambre de poupée d'une jeune Pompéienne. La plupart étaient suspendues par des chaînes délicatement travaillées; d'autres étaient po-
double muraille et quatre tours. La plate-forme sur la-' quelle il était établi pouvait être remplie d'eau chaude ^ et il y avait un robinet pour la faire sortir; cela servait en même temps à chauifer les pieds. Nous avons vu là plusieurs moyens ingénieux de chauffer l'eau; et tous tendaient évi(lemmeal à l'économie des combustibles.